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Le Green Deal comme feuille de route d’une Europe décarbonée

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Pour répondre à l’urgence climatique, l’Union européenne s’est dotée d’un programme, le Green Deal visant à réformer en profondeur son cadre législatif énergie-climat en vue d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. François-Xavier Bellamy, eurodéputé et membre de la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie (ITRE) au Parlement européen était notre invité le 2 juillet pour nous partager son regard sur le Green Deal, le paquet Fit for 55 et la stratégie à adopter pour développer une économie à la fois plus dynamique et plus durable.

La crise du COVID a montré qu’un des grands défis pour les États est de garantir leur approvisionnement autant en biens qu’en énergie pour assurer leur stabilité politique, économique et sociale. Il ne pourra donc y avoir de décarbonation sans une stratégie affirmée en matière d’énergie.

Le Green Deal prévoit 55% de réduction des émissions de carbone à l’horizon 2030 ainsi que l’atteinte de la neutralité carbone à partir de 2050. Des chiffres qui peuvent rendre perplexe car le véritable sujet politique, au-delà de ces objectifs, reste la question des moyens pour y parvenir. Comment décarboner notre énergie ?

Pour s’adapter à ces nouveaux objectifs, l’Europe prévoit les révisions prochaines de nombreux textes :

  • Révision du système de l’ETS, le système d’échange des quotas d’émission ;
  • révision de la directive RED 3 sur les énergies renouvelables ;
  • révision de la directive sur l’efficacité énergétique, etc.

Réglementer ne suffira toutefois pas et l’enjeu est d’abord et avant tout d’investir massivement pour développer les sources d’énergie décarbonées. Ces investissements sont essentiels également pour réindustrialiser l’Europe, ce qui va augmenter les besoins énergétiques mais c’est un choix qui n’est pas aujourd’hui clairement assumé par l’Union européenne.

S’agissant du règlement sur la taxonomie verte, qui doit permettre de diriger les investissements vers les activités durables, La France a fait l’erreur de ne pas exiger la neutralité technologique comme principe de classification. De ce fait, le nucléaire se trouve à ce jour exclu de la taxonomie alors même que cette énergie peut contribuer de manière significative à la trajectoire de décarbonation.

Le Green Deal européen face au monde

Les Européens assument déjà les règles les plus contraignantes au monde en matière de décarbonation, le sujet majeur est donc de parvenir à entrainer le reste du monde car il ne faut pas oublier qu’une partie de la baisse des émissions françaises est due à la délocalisation. Si l’on veut garder une économie forte il ne faut pas offrir un avantage compétitif à des modèles de production qui sont découragés en Europe.

Pour permettre cet effet d’entrainement, les déclarations d’intentions ne suffiront pas. Le marché européen peut être un levier pour réussir ce défi global en posant des conditions comme un ajustement carbone aux frontières. C’est un point compliqué à mettre en place car il peut être perçu comme un réflexe protectionniste. Il faut donc construire un mécanisme compatible avec les règles de l’OMC.

Le marché européen est aujourd’hui incontournable pour les entreprises de rang mondial, nous avons donc les outils et leviers nécessaires pour mettre en place une concurrence loyale qui permette de préserver la compétitivité des entreprises européennes et le bilan carbone global.

Le Mot du Président

L’idée du levier du marché européen est intéressante bien qu’il est certain que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières va rester un point difficile. L’exemple de la politique concernant les automobiles peut toutefois servir de guide : les normes ambitieuses et l’investissement massif de l’industrie ont porté leurs fruits dans le développement de la voiture électrique. La COP26 de Glasgow en novembre sera à ce titre déterminante pour discuter des marchés carbone et permettre d’avancer sur cette décarbonation indispensable de nos énergies.

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