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Mobilité électrique : la transition est en route – Tribune de Brice Fabry (Nissan)

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Une évolution sociétale majeure

En France comme en Europe, l’électromobilité est en forte croissance et va se renforcer à la faveur des progrès technologiques. Il est maintenant admis que l’électrification du transport est la solution idéale pour réduire les impacts environnementaux liés à la mobilité. Cependant, les véhicules électriques (VE) n’ont-ils pas d’autres vertus ?
En 2010, lorsque Nissan a proposé la Nissan LEAF 100 % électrique, nous avons, dans une démarche pionnière, ouvert la voie à une société zéro émission et abordable. Depuis, l’Alliance Renault-Nissan a mis en circulation plus de 470 000 véhicules 100 % électriques à l’échelle mondiale et les ventes s’accélèrent.

Il s’agit là d’une évolution sociétale majeure correspondant aux aspirations d’une population connectée, responsable et de plus en plus consciente des enjeux environnementaux. Dans le domaine du transport, les véhicules électriques constituent une réponse au triple défi de la qualité de l’air, de la pollution atmosphérique ou sonore, et de la réduction d’empreinte carbone. Au niveau européen, l’électrification du transport sera déterminante pour atteindre l’objectif ambitieux de l’Union européenne visant à réduire de 40 % ses émissions à l’horizon 2030.

Il est sans doute intéressant de donner quelques repères à propos des VE. Qu’ils soient destinés au transport individuel ou collectif, les progrès sont significatifs et les rendent désormais comparables aux meilleurs véhicules traditionnels de leur catégorie en termes de confort et de plaisir de conduite. Capables, à très court terme, de couvrir les mêmes distances, ils constituent une alternative crédible en matière de mobilité urbaine mais aussi péri-urbaine et rurale. Malgré ces atouts, l’environnement urbain n’est pas encore complètement prêt à recevoir ces véhicules qui pourtant lui correspondent si bien. L’infrastructure urbaine doit poursuivre sa e-révolution mais surtout l’accélérer. En associant les transports publics et les VE, les villes seront ainsi en mesure d’offrir aux citadins de multiples solutions de mobilité propre et partagée. Notons que pour l’utilisateur particulier, privé ou public, les VE sont très économiques d’usage en affichant un coût énergétique d’environ 2 € aux 100 km et des dépenses d’entretien réduites de 75 %.

Consulter notre participation aux Assises de la Mobilité : La contribution d’EdEn au gouvernement

Le véhicule électrique au service de la transition énergétique

Avec ses véhicules 100 % électriques, Nissan ouvre la porte et propose des solutions au développement à grande échelle des productions d’énergies renouvelables en répondant concrètement aux besoins croissants de stockage (avec la batterie du véhicule elle-même ou en réutilisant des batteries de deuxième vie). La réduction des coûts de l’énergie, des émissions de CO2 et le passage à une société sans carbone sont des principes fondateurs des priorités politiques clés en Europe. Pour Nissan, que ce soit au niveau national, régional ou local, nous voyons un avenir des villes dans lequel les véhicules ne sont plus seulement des vecteurs de mobilité mais des unités d’énergie mobiles, disponibles et propres.

Quelques exemples existent déjà en France et au Danemark. Webaxys, un acteur normand du stockage de données numériques, a été la première entité commerciale dans son domaine à utiliser le stockage d’énergie utilisant des batteries de deuxième vie issues de véhicules ( juin 2016 – Nissan LEAF 100 % électrique). C’est l’exemple d’introduction d’une économie circulaire de l’énergie dans le secteur des données numériques. En réutilisant les modules ou les batteries, les unités de stockage d’énergie construites à partir de ceux-ci prolongent leur usage au-delà de celui du véhicule et continuent d’être une ressource et d’atténuer l’empreinte carbone… une deuxième fois. Cette réponse technologique intervient alors que l’autoconsommation prend une nouvelle dimension sur le territoire et que les besoins de régulations (tension et fréquence) restent nécessaires. La combinaison des VE et leurs interactions avec les réseaux, locaux et nationaux, donnent un sens à une production et à une consommation d’énergie plus responsables.

Nissan

Transport d’électricité et transports terrestres électriques : même combat

Le secteur du transport et celui de l’énergie doivent faire cause commune et aborder ensemble la problématique de la mobilité électrique. Le secteur du VE participera de manière concrète à la réduction des émissions de CO2 mais ne pourra pas répondre aux besoins des utilisateurs sans le concours actif de la disponibilité de charge… et de décharge. Le secteur de l’énergie y trouvera des capacités de puissance électrique qui, agrégées, pourront participer à la régulation de fréquence, à la gestion des pics de demande, voire à la stabilisation de certains réseaux locaux.
L’électrification du transport va avoir pour effet l’augmentation d’amplitude des pics de demandes liée à la charge simultanée des VE, qu’il faut anticiper. C’est pourquoi il est important de bâtir dès maintenant un système combinant incitation fiscale, financière ou technologique, permettant de faire face à une telle demande sans saturer le réseau. De telles initiatives existent déjà au Royaume-Uni, au Japon et aux États- Unis et ont fait leurs preuves. À terme, l’électrification du transport contribuera à une révolution du système énergétique (production via les énergies renouvelables et distribution via le stockage décentralisé) et représentera une grande opportunité pour l’économie avec un potentiel de création de 100 000 emplois dans la filière (ADEME 2017).

Lire aussi : EdEn présente son cahier d’acteur Mobilité – 4 millions de véhicules électriques en 2028 : Pourquoi et comment ?

Si nous devions retenir trois grandes directions

Conforter l’intérêt économique des VE et donner une visibilité à cinq ans

Le marché européen des VE va clairement croitre et le parc pourrait atteindre des chiffres de l’ordre de 4,5 millions en 2025, 15 millions en 2030 et 150 millions en 2050 (source : Morgan Stanley, 19 Juin 2017). Pour conforter l’intérêt économique des VE, les incitations financières gouvernementales restent fondamentales. Ces initiatives touchant les véhicules mais aussi l’infrastructure de recharge doivent être considérées comme des investissements dont le bénéfice profitera à tous et qui constitueront le socle de nouvelles filières industrielles, de nouveaux canaux de formation professionnelle et surtout d’emplois.Du côté institutionnel, une visibilité à cinq ans de l’évolution des programmes publics permettrait aux acteurs industriels d’anticiper et de déployer toutes les solutions appropriées.

Du côté utilisateur, la réduction du coût de possession d’un VE sera un élément central. Il sera influencé par les prix des VE qui pourront baisser suite aux développements des technologies de batteries mais également aux revenus générés par l’énergie mobile. En restituant de l’énergie depuis la voiture vers la maison, le bureau ou le réseau local, on créera de la valeur. La perspective de valoriser cette énergie restituable offre un double bénéfice : pour l’utilisateur de VE évidemment mais aussi pour les gestionnaires de réseaux. C’est une voie à explorer de manière urgente. Celle-ci relève principalement de la régulation et du volet réglementaire dont les acteurs de la filière doivent jouer un rôle central avec Enedis et la CRE entre autres. Un cadre clair et une simplification des marchés réduiraient les obstacles administratifs et favoriseraient l’utilisation de ces technologies… déjà mises en place à l’étranger.

Ouvrir la voie au véhicule connecté

L’évolution remarquable des VE augure de la prochaine génération de véhicules, encore plus connectés et devenant progressivement de plus en plus autonomes. Sans doute opéreront-ils d’abord pour du transport collectif, en boucle connue ou en circuit fermé mais ils seront très rapidement une proposition crédible à la mobilité partagée et responsable. Un atout de plus pour enrichir l’offre urbaine en libérant l’utilisateur de ses contraintes et la collectivité des phénomènes de congestions et d’émissions. Ainsi, il appartient aux acteurs de la filière d’embrasser l’ensemble de cette future hyper-connectivité, d’étendre la réflexion à l’industrie numérique par l’augmentation du flux de données qui s’y attache et la capacité d’offrir des services agrégés sous une forme unique (application mobile ou nativement à bord des véhicules). L’objectif sera d’en faciliter l’accès économique et de donner à tous les utilisateurs l’assurance de pouvoir se déplacer avec moins de contraintes de temps, de lieu et d’argent.

La clé de voûte reste l’infrastructure de recharge

Que ce soit au domicile, sur le lieu de travail, en voirie ou sur l’autoroute, il ne fait aucun doute que les investissements publics et privés doivent se concentrer sur les moyens de recharge… et de décharge. Les avancées françaises sont exemplaires en Europe mais aucun retard ne doit à présent être pris du fait d’une mauvaise appréciation des volumes de VE arrivant sur le marché.

Pour compléter les dispositions nationales actuelles, la création d’un « guichet unique » recensant tous les points de charge sur le territoire constituerait un progrès notable. Cette information permettrait aux utilisateurs, actuels et futurs, d’avoir une réponse technique concrète quant à leur recharge. De plus, cela permettrait un maillage national raisonné et un outil d’alignement des besoins des différentes collectivités en évitant la dispersion entre le trop et le trop peu d’un territoire à un autre.

Chiffre VE

Enfin, quelle meilleure valeur que celle de l’exemple

La France comme les autres Etats membres sera destinataire à la fin 2017 d’une publication de la Commission européenne regroupant différentes propositions législatives sur le transport routier. L’accélération de la transition des flottes publiques vers une mobilité à très faibles émissions est l’une des mesures avec le potentiel le plus important. En prévoyant de renouveler le cadre des marchés publics de l’UE pour les flottes de véhicules et en introduisant potentiellement des objectifs de véhicules à faibles émissions, la Commission s’inscrit dans la bonne direction. Les véhicules de flottes publiques démontreront la pertinence de cette solution pour leurs utilisateurs mais aussi pour leur environnement.

Il faut créer une rupture entre ce que nous pensions avant et la réalité d’aujourd’hui concernant les ressources énergétiques et nos modes de consommation. Les acteurs de la filière et les pouvoirs publics devraient concentrer leurs efforts afin d’informer beaucoup plus largement sur les opportunités générées par ce nouvel écosystème électrique, qui inspira de nouvelles attitudes et vocations vers les indispensables formations et métiers de demain.

En savoir plus sur l’impact du véhicule électrique : Marie Chéron et Abrial Gilbert-d’Halluin – Le véhicule électrique dans la transition écologique en France

 

Brice Fabry

Brice Fabry
Directeur de la Stratégie Zéro Émission et des Ecosystèmes de Nissan Automotive Europe

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