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500 000 logements à rénover chaque année d’ici à 2050

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3 questions à Michel Jarleton, délégué à la formation de l’Union Nationale des Syndicats Français d’Architectes (UNSFA) et chargé des questions liées à la transition énergétique. Une interview réalisée à l’occasion du discours de vœux de Régis Chaumont, Président de l’UNSFA dont vous trouverez des extraits dans un encadré en fin d’article.

En quoi les évolutions réglementaires récentes – Loi relative à la Transition Energétique pour la Croissance Verte (LTECV), Stratégie bas-carbone – impactent les architectes ?

La Loi relative à la Transition Energétique pour la Croissance Verte (LTECV) et à la Stratégie bas-carbone s’inscrivent dans la continuité de l’engagement des architectes en faveur de la performance énergétique et de la protection de l’environnement. Avec l’UNSFA, nous avons par exemple été dans les premiers à mettre en œuvre des formations Haute Qualité Environnementale (HQE) et participé à la création de l’association du même nom en 1996. Depuis plus de 45 ans, l’UNSFA se préoccupe des économies d’énergie dans le bâtiment, des aspects environnementaux et de la performance énergétique du cadre de vie. Nous avons été et nous sommes de tous les combats dans ce domaine.
La LTECV a une conséquence majeure qui impacte notre profession : la réhabilitation de 500 000 logements par an en moyenne d’ici à 2050. Cette vague massive de rénovation va faire vivre le secteur du bâtiment pendant les 30 années à venir. La fourchette moyenne de rénovation d’un logement se situe entre 30 000 et 45 000 euros, la manne financière est donc énorme au global mais limitée par logement. La profession d’architecte a un rôle primordial et central à jouer dans cette dynamique en termes d’économie d’énergie, de performance énergétique et environnementale mais aussi en matière de confort, de qualité d’usage, de valeur patrimoniale et de pérennité des logements. Notre expertise et notre approche globale et transverse du bâti constituent notre valeur ajoutée. Les architectes pourront donc intervenir à plusieurs niveaux dans un souci de cohérence et de hiérarchisation des priorités : diagnostic global en amont des travaux, assistance du client pour choisir le bouquet de travaux pertinent accompagnement et coordination des entreprises de bâtiment ou des artisans sur des aspects complexes du chantier, vérification des réalisations à la livraison pour rectifier le tir en cas d’anomalies. Nous considérons que le diagnostic global devrait constituer le socle minimum d’intervention des architectes car il offre une vision complète des travaux et permet d’atteindre les objectifs de performance à terme, sans faire et défaire, par une planification souple et réaliste. L’approche s’adapte aux pratiques, aux clients et aux lieux.

En savoir plus : Les services de la CAPEB

La profession est-elle prête à relever les défis réglementaires actuelles ?

Il faudra plusieurs années afin de monter en puissance et de rénover 500 000 logements chaque année. Le mouvement est cependant bel et bien en marche. Les spécificités des travaux de rénovation alliées aux exigences énergétiques et environnementales actuelles donnent lieu à des actions de formation des architectes sur l’ensemble du territoire. Il s’agit de structurer les acteurs du bâtiment et de définir des montages financiers pertinents pour les donneurs d’ordre et pour les professionnels. Nous rencontrons une difficulté concernant les aides de l’Etat qui changent constamment et rendent les montages financiers compliqués à gérer sur la durée.
Au-delà de la rénovation, nous mettons en place à l’heure actuelle des méthodologies et des formations afin d’atteindre les objectifs bas-carbone. Nous attendons des informations de la part des industriels sur les composants des matériaux afin de les intégrer dans le calcul du coût carbone de la construction qui est un enjeu majeur des années à venir.

Lire aussi : Les artisans souhaitent de la stabilité réglementaire

Qu’attendez-vous de la prochaine Réglementation Thermique dont la réflexion porte sur le bâtiment responsable ?

La future Réglementation Thermique prévue pour 2018 va dans le sens de l’histoire et d’un monde « décarboné » mais elle ne concerne que le neuf. Aujourd’hui, le vrai danger, ce sont les « passoirs thermiques », à savoir les bâtiments qui ont été construits il y a plusieurs décennies, notamment avant le choc pétrolier. Ils génèrent une forte pollution. L’enjeu principal est donc dans la rénovation. J’insiste sur la fiabilité et l’intérêt du diagnostic global qu’un architecte est en mesure d’effectuer. Nous le défendons ardemment car il permet de savoir d’où on part, où on va et de définir comment s’y prendre pour obtenir les meilleurs résultats possibles en termes de performance énergétique et environnementale.

La parole à Régis Chaumont, Président de l’UNSFA

Quelques extraits des vœux prononcés le 19 janvier 2017 par Régis Chaumont
« (…) Les architectes sont aujourd’hui inquiets sur :
– La faiblesse de la culture et de la sensibilité architecturales généralisées à tout notre pays et vis-à-vis desquelles l’enseignement général ou les projets politiques n’offrent quasiment aucune ambition avec, pour conséquence, l’acceptation inerte d’un cadre bâti médiocre quand il n’y a pas d’architecte et donc pas d’architecture. Quel patrimoine allons-nous laisser à nos enfants ?
– La dégradation de notre environnement et ses menaces pour notre planète. »
(…)
« Soyons les meneurs de la transition énergétique. »
(…)
« Je terminerai en citant un de nos plus illustres prédécesseurs, Michel Ange : « Le plus grand danger n’est pas que notre but soit trop élevé et que nous le manquions, mais qu’il soit trop bas et que nous l’atteignons. »
Pour rappel, l’UNSFA positionne les architectes sur des enjeux majeurs :
– ambitionner des améliorations du bâti existant à la hauteur des enjeux climatiques, qualitativement et quantitativement ;
– envisager des solutions innovantes d’actions partagées avec d’autres acteurs pour le plus grand bénéfice des citoyens et de la collectivité.

L’UNSFA mobilise les architectes pour structurer leurs offres en matière de rénovation énergétique des logements afin qu’elles soient :
– bénéfiques immédiatement (confort, usage, image) ;
– performantes (a minima BBC-Rénovation) ;
– durables (non génératrices de pathologies sur le bâti et … les occupants !) ;
– adaptées aux occupants et sécurisantes ;
– respectueuses de la qualité architecturale et patrimoniale ;
– réductrices de la production de gaz à effet de serre ;
– réalisables en une seule fois ou par étapes compatibles ;
– porteuses d’améliorations du cadre de vie.

 

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A NOTER
Photo libre de droits de Gil Lefauconnier
Légende :
Régis Chaumont, président de l’UNSFA lors des vœux du 19 janvier, en compagnie de Patrick BLOCHE, député de Paris, Président de la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale, auteur du rapport sur la création architecturale de juillet 2014.

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