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Jean-François Carenco : Quelle politique pour la Commission de régulation de l’énergie ?

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Jean-François Carenco, Président de la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) était reçu à l’Atelier-Débat du mercredi 18 octobre 2017 organisé par Equilibre des Energies (EdEn). En la présence des Présidents Serge Lepeltier et Jean Bergougnoux, l’invité a  évoqué la politique menée par son institution.

(De gauche à droite) : Serge Lepeltier, Jean-François Carenco, Dominique Jamme, Jean Bergougnoux, Gilles Rogers-Boutbien

Dans son propos introductif, le Président depuis près d’un an de la CRE, Jean-François Carenco a exprimé sa fierté de prendre la succession de Philippe de Ladoucette et sa volonté de faire perdurer un « système [énergétique] qui marche », fournissant de l’énergie fiable – 3 heures de coupure en moyenne par an – à un bon prix. Fort de sa solide expérience à la préfectorale et de son passage au Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer, l’ancien préfet de Paris a réitéré son intention de garder la CRE comme un lieu de rencontre où la parole est libre.

Quels objectifs pour les 5 ans à venir ?

Avec son franc-parler caractéristique, Jean-François Carenco a évoqué ses deux principales missions devant l’assemblée venue en nombre. La première étant de maintenir une énergie française compétitive et sécurisée pour les entreprises et les ménages. Il entend porter une attention toute particulière à l’évolution et aux moyens de réguler les 3 composants du prix que sont : l’électron ou la molécule, le réseau et les taxes, même s’il reconnaît que « la marge de manœuvre est assez faible ». La seconde priorité est la question européenne : pour son Président, la CRE doit être « le bras armé » de la France à Bruxelles, en particulier sur le « Paquet énergie propre pour tous les Européens ». A cet effet, il a pris de nombreuses mesures depuis sa nomination pour intensifier la présence de la CRE dans les institutions européennes, notamment en participant en personne aux discussions avec la Commission européenne ou avec ses homologues étrangers.

Pour remplir ses objectifs, le Président de la CRE a rappelé les moyens d’action dont dispose l’institution :

  • Pouvoirs de décision, d’approbation ou d’autorisation (gestion des réseaux, CSPE, etc.) ;
  • Règlement de différends et sanctions relatifs à l’accès aux réseaux d’électricité et de gaz (CoRDiS) ;
  • Pouvoirs de proposition ;
  • Information et pouvoirs d’enquête auprès des acteurs du secteur ;
  • Pouvoirs consultatifs (mesures tarifaires, ARENH, etc.) ;
  • Pouvoir complémentaire (instruction des appels d’offres en matière de production d’électricité).

L’innovation, vecteur d’une transition énergétique efficace

Dans un contexte où les énergies renouvelables croissent de façon importante avec un prix de plus en plus attractif, il est nécessaire pour l’ancien Directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo de continuer les investissements dans les infrastructures afin de pouvoir s’adapter efficacement à un marché en pleine mutation. D’une part, en menant un travail nécessaire sur le stockage pour optimiser le fonctionnement des énergies renouvelables qui sont par définition intermittentes ; et d’autre part, en raison des interconnexions qui sont appelées à se développer pour relier au mieux les producteurs et les clients. A ce propos, le Président de la CRE s’est réjoui de l’accord trouvé sur le projet d’interconnexion électrique « Golfe de Gascogne », entre la France et l’Espagne. Néanmoins, il a rappelé que ce type de protocole devait être prioritairement tourné vers les pays de l’Union européenne.

Par ailleurs, la réduction des consommations est un « combat qui doit être mené » car il est impératif de diminuer notre empreinte écologique. Pour cela, le numérique est une opportunité à saisir, ainsi les compteurs intelligents et communicants comme Linky ou Gazpar sont des technologies intéressantes selon Jean-François Carenco. Toutefois, il rejoint l’association Familles de France quant à l’importance  de connaître le prix de la consommation en temps réel dans le but d’aguiller au mieux le consommateur.

En savoir plus : Décarboner l’économie et la société grâce aux ENR électriques

Quelles orientations ?

De nombreuses questions relatives au mix énergétique ont été posées, ce à quoi l’invité de l’Atelier-Débat a signifié qu’il se plaçait au-dessus des oppositions entre les différentes énergies et qu’il préférait adopter une attitude pragmatique. En effet, c’est la qualité « business model » qui doit définir les choix d’investissement ; ainsi, pour le Président de la CRE, l’électricité renouvelable et le gaz propre sont en majorité des solutions d’avenir qu’il faut encourager par des appels d’offres et des injonctions à développer les projets primés. A contrario, la méthanation n’a pas su prouver sa rentabilité et ne doit plus être une solution à promouvoir.

L’autoconsommation est un autre sujet qui a focalisé les questionnements du public. Jean-François Carenco estime qu’elle « est inéluctable et souhaitable » car « elle permet de faire baisser les prix tout en réduisant l’empreinte écologique grâce à une participation du citoyen ». Néanmoins, le Président de la CRE a insisté sur le fait qu’il ne fallait pas aller trop vite, car « la nation doit [auparavant] se positionner » sur de nombreux sujets liés tels que le financement ou le raccordement aux réseaux.

Afin d’accompagner ces différentes réflexions environnementales, économiques et sociétales, la CRE est en train de constituer un Comité prospectif dont EdEn sera partie prenante, en la personne de notre Président d’honneur, Jean Bergougnoux.

Lire aussi : Jean Gaubert, Médiateur de l’énergie évoque les relations entre les Français et les entreprises du secteur de l’énergie

Les mots des Présidents d’EdEn

Nos Présidents Serge Lepeltier et Jean Bergougnoux ont d’abord tenu à remercier Jean-François Carenco pour ses éclairages sur le rôle de la CRE et les différentes orientations qu’il préconise. Ils ont conclu par des réflexions qui tiennent à cœur à notre association. D’abord sur la question de la flexibilité qui est nécessaire aux acteurs de l’énergie pour combiner les investissements avec des prix compétitifs pour le citoyen ; Puis par une réflexion de Serge Lepeltier sur l’impact de l’autoconsommation sur les revenus des collectivités territoriales, qu’il juge nécessaire de clarifier. EdEn ne manquera pas de faire connaître ses positions sur les différents sujets relatifs à la transition énergétique, notamment au sein Comité prospectif de la CRE, toujours dans l’optique de l’intérêt général.

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