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Martine Billard veut investir dans la recherche publique

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Mercredi 1er février, Monsieur Jean Bergougnoux recevait Madame Martine BILLARD, Ancienne députée de Paris, Secrétaire nationale à l’écologie du Parti de Gauche afin de débattre sur la Transition Énergétique et faire part de la vision sur le sujet de la France insoumise et de son candidat Jean-Luc MÉLENCHON.

Une vie engagée à Gauche, pour l’écologie

Avant de laisser la parole à Jean BERGOUGNOUX pour souhaiter la bienvenue à Martine Billard, le modérateur présente une biographie de Madame Martine BILLARD : « née un 7 octobre à Boulogne-Billancourt ».

Martine Billard – EdEn

Diplômée d’économie, Martine BILLARD poursuit une expérience d’ouvrière comme poinçonneuse de métro, caissière de supermarché, et aussi monteuse-câbleuse sur les moteurs d’avion (SNECMA) pour finalement devenir bibliothécaire. La vie va progressivement l’engager dans une suite de combats. Dès ses études durant les années 60, Martine Billard s’engage dans les luttes féministes avec la légalisation de l’avortement puis contre l’énergie nucléaire… Plus tard, Martine BILLARD apporte son soutien aux mouvements communistes d’Amérique latine, malmenés par les dictatures militaires.

C’est en 1993, que Mme BILLARD adhère au parti des Verts, qu’elle quittera 16 ans plus tard, en 2009, en raison d’une évolution qu’elle juge trop au centre. Elle rompt alors avec Europe Écologie et rejoint le Parti de gauche dont elle devient en 2010 la co-présidente avec Jean-Luc Mélenchon.
Entre temps, chez Les Verts, elle est devenue conseillère de Paris dans le 20e arrondissement de 1995 à 2001, puis porte-parole national du parti de 1999 à 2000. En 2002, Martine BILLARD est élue députée de la 1re circonscription de Paris, fonction qu’elle conservera jusqu’en juin 2012.

Pour en savoir plus : consulter le blog de Martine BILLARD

Le réchauffement climatique est une réalité partagée par les plus grands pays

Avec un certain sentiment de satisfaction, notre invitée fait le constat que plus aucun pays pollueur, hormis peut-être les Etats-Unis, ne nie le réchauffement climatique. Reste à passer à l’acte. La transition écologique exige des investissements immédiats pour assurer la qualité de l’air, comme de l’eau qui, même en France, n’est pas encore potable sur tout le territoire ! Elle souligne la naïveté des Députés français, qui pensaient encore au début des années 2000, que le problème des gaz à effet de serre se poserait sérieusement vers 2030 ! Martine BILLARD veut investir dans la géo-ingénierie qui peut apporter les solutions scientifiques au stockage de l’électricité par exemple, et permettre de sortir des hydrocarbures et du nucléaire qui demeure un danger permanent, dont la gestion des déchets comporte des inconnues et dont les prix de revient ne sont plus compétitifs !

Toutefois, la co-Présidente du Parti de Gauche ne veut surtout pas suivre le modèle allemand qui a exhumé les mines de charbon au détriment des émissions de gaz à effet de serre.

 

Il faut une planification écologique pour aller plus vite sur la transition

Martine Billard explique vouloir poursuivre deux objectifs : l’isolation des bâtiments et le changement des modes de chauffage. La transition énergétique est une opportunité pour former les artisans à de vraies rénovations, pour isoler les bâtiments, réduire les consommations d’énergies, améliorer notre balance des paiements…

A ce propos, Pierre-Louis FRANCOIS, Président du Groupe Atlantic, prend la parole pour faire remarquer que les observations des maisons très isolées construites ces six dernières années ont mis en évidence les besoins de ventilation pour des raisons de qualité de l’air, qui se sont avérés beaucoup plus énergivores que prévues. Monsieur FRANCOIS souligne également que l’application de la RT2012 a augmenté les ventes de chaudières à fioul et au gaz au détriment d’une consommation électrique rendue faible par les nouvelles technologies des radiateurs intelligents.

Poursuivant son intervention, Martine BILLARD ajoute que les villes doivent poursuivre leurs efforts et propose des solutions simples comme le fait de couper l’éclairage public quand personne ne circule dans les rues ou l’interdiction des publicités énergivores. Les particuliers doivent également être sensibilisés aux consommations fantômes en coupant les veilleuses de leurs appareils ménagers, comme celle de la télévision et ainsi réduire la production d’électricité de plusieurs réacteurs nucléaires. La planification doit imposer une marche forcée vers la seule production des énergies renouvelables avec l’auto-production résidentielle. Il faut adapter la production d’énergie au territoire, avec par exemple la géothermie, qui est une solution à suivre dans les DOM-TOM. La Banque Publique d’Investissement doit sans attendre augmenter ses investissements dans la transition afin d’éviter que des pépites technologiques comme Nexcis, spécialiste des panneaux solaires transparents posés sur fenêtre double vitrage, n’échappent aux entreprises françaises.

Diminuer les émissions de carbone, c’est aussi moins jeter

Madame BILLARD n’est pas convaincue par la mise en place d’une taxe carbone, préférant l’instauration d’une taxe « sociale » qui prendrait en compte les transports routiers et les importations de produits fabriqués avec le travail des enfants. Sur notre territoire, poursuit-elle, il faut réutiliser les sacs en papier, ne plus utiliser et jeter des plastiques, réparer les produits ménagers, comme l’industriel SEB prévoit de le proposer à ses clients. Il serait nécessaire d’augmenter les transports en commun électriques dans les zones urbaines. Le ferroviaire et le transport fluvial sont d’excellentes solutions. Pour les Verts il est aujourd’hui important de redensifier les zones rurales afin que les commerçants retrouvent un intérêt à passer dans les villages. Mais le train n’est pas toujours la meilleure solution écologique comme le projet Lyon-Turin, par exemple.

Mix énergétique, quels sont les objectifs du parti de gauche ?

Martine BILLARD expose les grands objectifs du parti de gauche avec deux dates clées :

  • 2035 sortie du nucléaire ;
  • 2050 sorite des énergies fossiles, mix énergétique 100% ENR ;

Claude MONMEJEAN d’Enedis s’inquiète de la méthode permettant d’assurer l’équilibre offre / demande, en particulier entre 2035 et 2050, où la production d’électricité risque de baisser fortement. Martine BILLARD explique que la France pourra garantir un niveau suffisant d’approvisionnement en électricité grâce à une politique ambitieuse de baisse des consommations qui aura été menée entre-temps.

En conclusion, le Président Jean Bergougnoux a remercié Martine BILLARD pour la sincérité de ses propos et a rappelé l’objectif premier de l’association EdEn : promouvoir un secteur électrique le plus décarboné possible.

Jean Bergougnoux, Martine Billard, Gilles Rogers-Boutbien, Yves le Camus

Jean Bergougnoux, Martine Billard, Gilles Rogers-Boutbien, Yves le Camus

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