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Allemagne : une transition énergétique lourde de conséquences ?

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L’Allemagne a souvent une longueur d’avance sur ses voisins européens concernant le développement des énergies renouvelables. Si le pays sert de modèle pour les autres pays, il semblerait que son empressement vers une sortie du nucléaire  ne soit pas sans conséquences sur son économie et ses emplois…

En effet, la décision de la chancelière Angela Merkel de sortir du nucléaire suite à la catastrophe de Fukushima était certes courageuse, mais pas sans risques pour les pays. La réforme se révèle plus compliquée que prévue, ses grands groupes sont fragilisés et les consommateurs se retrouvent confrontés à des factures de plus en plus élevées.

Le mois dernier, Mme Merkel déclarait : « Il n’y a aucun doute sur le fait que nous voulons réussir la transition énergétique. Mais cela ne veut pas dire que tous les problèmes sont résolus. (…) Nous avons réalisé beaucoup de choses, mais il reste encore beaucoup à faire. »

Une transition coûteuse

Tant pour l’industrie que pour les consommateurs, la facture de la transition énergétique de l’Allemagne devient lourde à porter selon le mag. Enviro2b. Le coût du passage aux énergies renouvelables augmente sans cesse, et si le gouvernement essaie de compenser la facture à l’aide de nombreuses subventions, elle n’est pas sans conséquences pour les habitants.

Plusieurs défis sont à relever : augmentation des factures, surcapacités de production, déséquilibre de l’offre et de la demande et réseaux à adapter en font partie. Les grands groupes allemands du secteur comme RWE, E.ON ou EnBW ont déjà supprimé 25 000 emplois pour s’adapter à ces nouvelles contraintes.

Les ménages allemands commencent donc sérieusement à s’en inquiéter. Pour équilibrer tout cela, ils doivent bien entendu payer plus cher leurs factures, ceci dans une période de crise économique dont la date de sortie n’est pas encore connue. Si le prix de l’énergie électrique doublait en France pour s’aligner sur le kWh allemand, le nombre de foyers dont la facture énergétique représente 10% de leurs dépenses annuelles (précarité énergétique) pourrait passer de 8 millions à 14 millions… Voilà une bonne mesure populaire à prendre au gouvernement!

Indépendance énergétique et gaz à effet de serre

Si l’Allemagne veut pouvoir conserver son indépendance énergétique sans le nucléaire, elle se retourne vers les combustibles fossiles en guise de transition. Son mix énergétique voit donc augmenter sa proportion de charbon et de gaz au cours des vingt prochaines années, ce qui va dans le sens de la baisse des émissions de gaz à effet de serre!

Cela soulève aussi des questions de souveraineté de l’Allemagne vis-à-vis de pays exportateurs de gaz (comme la Russie, la Norvège ou le Moyen-Orient)…

Des solutions sur le long terme

Le réseau électrique du pays mérite de lourds investissements pour s’adapter. L’agence allemande pour l’énergie (Dena) estime les besoins de constructions de lignes à haute tension à environ 3600 km.

Sur le long terme, le pays va surement miser sur les « smart grids », des solutions « intelligentes » capables d’offrir une meilleure adéquation de l’offre et de la demande grâce aux technologies performantes.

Bien sûr, la principale contrainte liée à l’intermittence des énergies renouvelables, le vent, le soleil… sera le stockage, dont les chauffe-eau sont les premières solutions naturelles.

L’expérience actuelle des allemands est un excellent laboratoire pour nos débats sur la transition énergétique qui donnera une loi votée à l’automne prochain! En attendant ce jour de bonheur, profitez du muguet!

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