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Comme l’Eden souhaite ouvrir des débats avec tous les publics, nous répondons aussi aimablement aux interrogations de M. Frédéric Loyau dans cet article sur son blog et à l’article du Moniteur avec Effinergie, par rapport aux premiers messages de l’Association équilibre des énergies (Eden). Des messages qui intègrent la diminution attendue de 38% de la consommation de co2 en dix ans. Ce sont les propriétaires qui devront rénover presque 30 millions de logements…

Une association ouverte au débat avec tous les acteurs :

L’adhésion du GIFAM, d’ATLANTIC et de PROMOTELEC à l’équilibre des énergies est publique et transparente sur notre site. Mais les autres acteurs du bâtiment sont aussi représentés: la filière électrique, la défense des consommateurs, l’environnement, le secteur bancaire. Ces entreprises ou particuliers trouvent le positionnement d’équilibre d’énergie pertinent, car il est ouvert à tous et n’appartient pas à la filière électrique. Les propositions connues ou nouvelles de ces membres viennent s’enrichir avec celles des autres acteurs du bâtiment et des consommateurs. Nous pensons que cet engagement dans un dialogue apaisé va donner naissance à des observations partagées et de nouvelles idées concrètes dans les mois à venir.

Chauffage électrique intégré :

En effet, les industriels ne souhaitent pas continuer à équiper massivement les nouvelles constructions de « chauffages électriques de base ». Les consommateurs évoquent, notamment dans les forums, des innovations bon marché dans le chauffage électrique, afin de pouvoir évoluer à moindre frais vers des énergies renouvelables quand les tarifs seront accessibles. C’est pourquoi, l’association parle de chauffage électrique intégré (CEI) que d’ailleurs la réglementation thermique RT2012 a totalement repris à son compte : celui de l’intégration entre un système de chauffage et le bâti dans lequel il est installé. Eden n’est pas favorable à une discrimination des bâtiments en fonction du système de chauffage utilisé. Il faut travailler sur les performances du bâti afin que dans tous les cas les consommations soient minimales.

Promoteur des lois grenelle 1 & 2 :

Eden adhère totalement à l’esprit et aux objectifs du Grenelle de l’environnement, mais demeure attentive à la pertinence des moyens engagés parce que ses membres sont des acteurs de terrains, qui ont le souci du consommateur et celui de l’intérêt général. Si des réflexions nourries d’échanges collectifs ouvraient la voie à une évolution d’un décret, d’un arrêté, ou de tout autre dispositif réglementaire, l’association serait fière d’avoir invité les consommateurs dans ces débats de professionnels.

Quant à la question des gaz à effet de serre, il est urgent que les EnR rencontrent le modèle économique des particuliers et de la France pour son indépendance énergétique. Mais les chiffres officiels nous rappelle que l‘électricité en France est classée comme la moins émettrice de co2 en Europe derrière la Suède; Une précision connue par certains, mais qu’il est bon de rappeler : ce n’est pas la nature de l’usage qui conduit à ce que l’électricité émette plus ou moins de co2, c’est son mode de production. Ce dernier dépend de la saison, du mois, du jour, de l’heure où le kWH est fabriqué. C’est pourquoi un kWH produit en heure de pointe est à l’origine d’une émission de co2 identique qu’il soit utilisé pour l’éclairage, la télévision, l’informatique, la ventilation…..

M. Loyau a tout à fait raison de vouloir ajouter, comme le proposait les parlementaires, un second garde fou sur les émissions de gaz à effet de serre. Car les arrêtés qui ont suivi le vote du Grenelle reportent à 2020 toute prise en compte ! Il serait judicieux, qu’à défaut d’une adaptation de la réglementation, de pouvoir déjà en tenir compte dans les labels HPE 2012 !

Energie Primaire :

Oui le concept d’énergie primaire est difficile à comprendre par le public. Ce qui est simple; c’est l’énergie finale, celle qui est consommée… mais aussi celle qui est mesurée ! En modifiant son comportement le consommateur peut réduire ses consommations et apprécier le résultat de ses efforts à partir des chiffres affichés sur ses compteurs et sur ses factures d’électricité.  Elles sont bien calculées à partir du nombre de kWh finaux consommés et un tarif du kWH final !  Parler du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), avec un diagramme repris dans les actes notariés, c’est avancer une bonne idée qui se trouve être dévoyée par une mise en œuvre approximative qui pénalise effectivement l’électricité . La RT2005 affiche des consommations d’énergies primaires (Cep) maximum différenciées suivant que l’énergie utilisée est électrique ou d’origine fossile , le DPE n’en tient pas compte. La RT2005 tient compte d’une modulation des consommations suivant les régions et l’altitude de l’habitat. Le DPE abandonne cette modulation. Il faut que les professionnels lisent le rapport des députés TOURETELIER et GEST qui développe le sujet. Car au lieu de communiquer sur 50kWh en énergie primaire pour toutes les énergies, on pourrait promouvoir 50kWh d’énergie finale pour les énergies fossiles et de 20kWh énergie fossile pour l’électricité ! Il faudrait alors s’expliquer sur le coefficient de transformation… A noter que l’Allemagne est à 2.7, l’Italie à 2.4, la Suisse à 2 et le France à 2.58.

M. Loyau écrit que l’énergie primaire n’est pas l’unique indicateur objectif pour mesurer la performance d’un bâtiment. Mais de la même façon que le critère économique n’est pas le seul à prendre en compte (nous avons déjà vu ce que cela pouvait donner avec du mauvais chauffage électrique dans un logement mal isolé), le critère des émissions de co2 ne peut l’être non plus, comme celui de la performance énergétique. C’est tout l’enjeu de la RT2012! C’est bien l’ensemble des trois dimensions qu’il faut conjuguer avec intelligence pour avoir une politique stable, de long terme, qui donne confiance à tous les acteurs économiques susceptibles d’investir, à commencer par le consommateur lui même.

Promotelec : certificateur BBC et ouvert aux débats sur les décrets d’application

Promotelec, membre de Eden, est certificateur Bâtiment Basse Consommation de maison individuelle depuis des dizaines d’années en organisant des contrôles sur le terrain de la conformité de la réalisation par rapport à un référentiel énergétique. Promotelec connait donc bien le référentiel et les enjeux que rencontrent les constructeurs. Il faut aussi respecter la maitrise des coûts; c’est légitime dans la mesure où l’argent est aussi une ressource rare pour la plupart de nos concitoyens.  Claude Monmejean, président de Promotelec, précise:  « le label BBC 2005, référence de la RT2012, n’a été choisi que par 5% des candidats à la construction depuis que le label existe, alors qu’il est soutenu financièrement par les pouvoirs publics (intérêt fiscal et bonification de prêt) . On ne peut pas laisser croire au 95% des propriétaires qui n’ont pas fait ce choix BBC qu’il n’y aura pas de surcoûts, sous prétexte qu’il deviendrait obligatoire ? » L’expérience nous apprend que le soutien financier des pouvoirs publics disparaît dés lors qu’un label est réglementaire… Cet organisme représente donc une force de propositions légitimes pour apprécier les évolutions qu’il faudrait apporter à ce référentiel pour le rendre plus conforme à l’intérêt général.

Chauffage électrique et Pompe à Chaleur (PAC):

Nous savons tous que plus les bâtis sont isolés, moins ils consomment d’énergie et plus l’électricité est compétitive. Et force de l’évidence les solutions qui nécessitent un investissement élevé ne trouveront leur équilibre économique que sur des surfaces importantes. L’AFPAC pourrait confirmer que les PAC se sont développées surtout dans les maisons individuelles qui ont demandé le label BBC 2005. L’AFPAC propose maintenant des solutions innovantes comme par exemple les pompes à chaleurs thermodynamiques qui ont trouvé pour le chauffage de l’eau un produit très compétitif.

Chauffage au Gaz ou électricité ou…? :

Toutes les énergies sont éligibles dans un mix selon le type de logement.  Si l’on compare dans nos exemples, l’efficacité énergétique, économique et environnementale d’un logement collectif entre le gaz et l’électricité, les solutions émergentes ne sont malheureusement pas forcément vraies dans un autre exemple avec le tertiaire ou le particulier. C’est pourquoi l’association propose un débat sur le meilleur équilibre entre consommations de kWh, émissions de co2 et valorisation économique pour le consommateur et pour la collectivité. Rien n’est gravé dans le marbre et tout peut encore évoluer si des consensus apparaissent.

Enfin, les membres de l’association veulent des mesures qui soient pérennes ou, pour le moins, faciles à corriger après les prochaines observations réelles sur le terrain. Dans la construction neuve, les réponses ont été intégrées par quelques acteurs qui ont anticipé la RT2012… Reste à savoir si les futurs acquéreurs qui auront peu de choix suivront financièrement?
En revanche, le challenge se situe dans le parc existant avec 30 millions de logements à rénover pour 15 milliards d’euros afin de parvenir aux objectifs de -38% de consommations en 2020 ! Cet objectif n’est réalisable qu’avec l’accord des consommateurs qui ont le souci légitime d’un investissement rentable !

C’est pourquoi notre débat consiste à confronter les opinions sur la nécessité d’une approche équilibrée entre la rareté des énergies et des ressources financières comme l’obligation de réduire les émissions de CO2 …

4 commentaires

  • Frédéric Loyau | 25 août 2011 à 17 h 39 min | 1

    Bonjour,
    Je n’avais pas vu la réponse que vous aviez fait à mon billet de blog avant aujourd’hui.

    Votre argumentaire ne répond pas sur le point central de ma critique : les chiffres annoncés. Si biais il y a, cela pose problème je pense pour tout l’argumentaire qui en découle.

    Sur la position de promotelec. Vous relayez une réponse de Effinergie via le moniteur qui critique votre présentation. Cela je pense en dit suffisament long sur la question.

    « ce n’est pas la nature de l’usage qui conduit à ce que l’électricité émette plus ou moins de co2, c’est son mode de production. Ce dernier dépend de la saison, du mois, du jour, de l’heure où le kWH est fabriqué. C’est pourquoi un kWH produit en heure de pointe est à l’origine d’une émission de co2 identique qu’il soit utilisé pour l’éclairage, la télévision, l’informatique, la ventilation….. »

    Cette position pour le moins « originale » mériterait une argumentation nettement plus fournie. On ne prend pas le coefficient co2 qui arrange. Si saisonnalité il y a, c’est bien parce que les 30 GW de demande supplémentaire viennent d’un usage spécifique.
    C’est d’ailleurs EDF qui dans une note de cadrage en 2005 avait introduit cette idée d’un contenu co2 de l’électricité par usage.

    Par ailleurs, cela vous attristera probablement, mais plus les bâtiments sont performants et plus leur consommation de chauffage se fait pendant les pics fortement émetteurs en co2. Ce qui invalide l’idée d’un contenu co2 à 180 ou 225, et amène plutôt à la considération d’un contenu co2 = au contenu de l’électricité marginale, soit 600 g.

    Quant à l’idée de raisonner en énergie finale, c’est non opérant pour de multiples raisons, en premier lieu parce que cela déséquilibrerait la RT en faveur des PAC.

  • Bertrand | 30 août 2011 à 2 h 32 min | 2

    Bonjour Frédéric,
    Les chiffres que nous prenons en compte sont basés sur les tarifs facturés par les énergéticiens. Le sujet serait très long et fastidieux pour les échanger sur un blog. Si vous êtes disponible un jour à Paris, nous pourrions organiser une réunion pour poser les chiffres…?
    1/ Le simple fait de vous citer ou de citer l’article de Effinergie dans le Moniteur en dit long sur notre volonté de partager des débats sur les enjeux thermiques dans le bâtiment avec des professionnels et des particuliers. Ces débats invitent aussi des personnes très partisanes qui, par définition, ne sont pas prêtes à écouter des avis contradictoires et jouent sur les mots. Nous essayons donc de respecter tous les points de vue et attendons la réciprocité.
    2/ J’insiste sur le fait que ce n’est pas l’usage de l’énergie; d’une ampoule, d’un four ou d’un radiateur qui définit le contenu du CO2 , c’est le mode de production de cette énergie. Alors aucun usage ne fait appel qu’à des kwh de pointe à forte teneur de CO2. L’hiver, les ampoules sont allumées plus longtemps, les plats sont plus souvent servis chauds, les personnes sortent moins et le chauffage fonctionne toute la journée.
    3/ Mais si, plus les bâtiments sont performants, plus leur consommation de chauffage se réalise hors des pics. En effet il suffit aujourd’hui de stopper la consommation des appareils de chauffage à la pointe par régulation intelligente , sans sacrifier au confort grâce à l’inertie thermique du bâtiment , quitte à disposer d’un chauffage d’appoint; à bois par exemple.
    4) Si raisonner en énergie finale conduit à déséquilibrer la RT au profit des PAC (pompes à chaleur), cela pourrait ralentir le choix du gaz dans 90% des constructions neuves des logements collectifs ces derniers mois!

  • Ludo | 25 août 2011 à 22 h 17 min | 3

     » le challenge se situe dans le parc existant avec 30 millions de logements à rénover pour 15 milliards d’euros afin de parvenir aux objectifs de -38% de consommations en 2020 ! Cet objectif n’est réalisable qu’avec l’accord des consommateurs qui ont le souci légitime d’un investissement rentable ! »

    15 milliards divisé par 30 millions, ça fait 500 euros pour rénover une maison, à ce tarif vous avez mon accord sans problème.

  • Bertrand | 30 septembre 2011 à 20 h 02 min | 4

    Pardon Ludo de répondre si tardivement à votre commentaire très juste. Les sommes sont tellement astronomiques que j’en ai mélangé mes pinceaux. S’il y a bien 30 millions de logements à rénover en France, il est raisonnable d’estimer que 10 millions de rénovations en 10 ans seraient déjà un exploit, comme le propose Negawatt par ailleurs. Si l’on se base sur l’engagement de Total, EDF, GDF-Suez pour financer cent mille logements anciens avec €85 millions, les sommes à investir totaliseraient €8,5 mds en dix ans pour dix millions d’habitations. Toujours pas sûr que ces sommes soient disponibles dans les bas de laine des français, alors que l’aide des énergéticiens ne couvrira que la moitié des besoins par m2 des habitations…! Le prix moyen de mise aux normes au m2 est estimé à €1700.

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juillet 2016