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« Commerce 4.0 : comment libérer le commerce physique »

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Le champ d’action de l’immobilier commercial est vaste. Il concerne différentes typologies d’actifs, notamment les locaux situés en centre-ville, en zone commerciale et dans les centres commerciaux. Le commerce physique vit un profond bouleversement et doit sans cesse s’adapter afin de répondre aux attentes des consommateurs et des enseignes nationales…

Deux mois de confinement ont suffi à inverser nos progrès économiques, à tendre davantage les relations entre bailleurs et locataires, parfois jusqu’à la rupture, à faire disparaître des enseignes nationales qui faisaient partie de notre paysage commercial et à nous faire penser différemment notre façon de vivre et de consommer.

La crise économique, aggravée par celle de la COVID-19, a accéléré des évolutions sociétales déjà en cours : développement des circuits courts de distribution, du télétravail, volonté de réduire son impact sur l’environnement, de trouver un nouvel équilibre entre vie privée et professionnelle, etc. Les prises de décision pour répondre à ces défis se jouent dès aujourd’hui, notamment dans le cadre de la relance de l’activité économique menée par le Gouvernement Castex.

Lire aussi : Ce que la crise nous apprend

À l’ère du consommateur 4.0 : le commerce physique doit se réinventer pour attirer de nouveau les investisseurs qui auront et devront s’adapter à ce secteur en fort mouvement

Désormais, le commerce physique va vers le client et non plus l’inverse. Il faut observer le consommateur, ses comportements, l’utilisation de système intrusif, qui minimisent son taux d’effort lors du processus d’achat, la combinaison de toutes les nouvelles analyses, notamment des data, c’est le commerce 4.0, l’optimisation des transactions. L’hyper transformation !

Le local commercial peut s’adapter à cette nouvelle réalité

En premier lieu, le local commercial 4.0 doit comprendre les attentes de ceux qui le font vivre : les consommateurs. Il doit aller à leur devant, être implanté sur ses trajets du quotidien (gares, axes routiers, etc.). Aujourd’hui, on remarque que les enseignes qui s’en sortent le mieux observent leurs clients et analysent leurs actes d’achats pour connaître leurs habitudes, anticiper leurs besoins… une démarche facilitée par « l’indispensable » smartphone qui délivre l’information en temps réel (géolocalisation, recherches Internet, etc.), permettant de tracer le parcours client et, bien sûr, de mesurer la satisfaction client, qui devient incontournable.

En second lieu, le bailleur commercial doit être à l’écoute de l’activité de son locataire s’il veut investir efficacement et disposer d’un patrimoine pérenne de commerces. C’est pourquoi il est nécessaire de ne pas s’opposer et bien au contraire de favoriser l’entente de manière à sécuriser les activités des deux parties.

Le commerce 4.0

On l’a dit, les locaux commerciaux doivent s’implanter là où sont les flux, mais il convient également revoir leur aménagement intérieur. Il doit être simple d’accès, ludique, visible, modulable, multiactivités, etc.

Pour survivre, le commerce physique continue sa mutation, avec l’inclusion du commerce digital qui s’invite dans le physique. L’un et l’autre devenant complémentaires et permettant de s’adapter aux aléas de la vie économique (crises sanitaires, économiques, désertion des centres-villes, changement conjoncturel d’habitudes, etc.). Les plateformes de ventes digitales dont le business model est basé sur du commerce vertical, en anglais Digitally Native Vertical Brands (DNVB) (1), l’illustrent bien.

Le législateur ne doit pas être en reste et soutenir ce mouvement. Au lieu d’interdire, de contraindre, de mettre des garde-fous, de créer des millefeuilles de textes qui complexifient ce qui doit rester simple, il est temps de revoir, simplement, le code du commerce qui régit les baux commerciaux (le décret de 1953) et de l’adapter à notre époque.

Lire aussi : Economie circulaire – Comment l’UE entend-elle transformer nos modes de production et de consommation ?

(1) Les Échos Entrepreneurs, « Les “DNVB”, ces start-up qui défient les marques historiques », 21/10/2014, https://business.lesechos.fr/entrepreneurs/ idees-de-business/0602078890302-les-dnvb-ces-start-up-qui-defient-les-marques-historiques-332518.php

Patrick Dugué
Patrick Dugué
président Dugué commerce
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