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Des aéroports zéro carbone pour un secteur aérien en transition

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Dans le contexte de la prise de conscience généralisée de l’urgence climatique, les inquiétudes liées à l’empreinte carbone du secteur aérien ont été exacerbées, conduisant même à l’émergence au niveau européen d’un mouvement de “flight-shaming”. Ces inquiétudes pourtant ne sont pas sans réponse et les acteurs de l’aérien sont mobilisés pour la transition énergétique de la filière. Amélie Lummaux, Directrice du développement durable et des affaires publiques du groupe Aéroports de Paris (ADP), était invitée le 15 juin 2021 pour présenter la stratégie du groupe afin de réduire ses émissions et contribuer à la transition énergétique du secteur aérien.

Le groupe ADP est un groupe aéroportuaire exploitant 27 aéroports à travers le monde et, comme le rappelle Brice Lalonde, la période récente a vu la question écologique grandir autour du transport aérien. La politique de maitrise de l’impact environnemental du groupe ADP est conséquente avec la prise d’engagements sur les émissions directes (3% des émissions des plateformes aéroportuaires) visant la neutralité carbone d’ici 2030 sur l’ensemble des aéroports du groupe puis en 2050, le zéro émissions nettes sur au moins 7 d’entre eux.

Bien sûr, la véritable transition se fera en prenant en compte l’intégralité de la plateforme aéroportuaire incluant l’amont (achats, construction d’infrastructures) et l’aval de la chaîne.

Lire aussi : Loi Climat – Résilience : quelles perspectives pour les transports durables ?

Depuis 2020 l’aviation européenne a réussi à poser sur le papier une trajectoire vers la neutralité carbone en 2050. Un fil rouge qui permettra de piloter cette transition, de débloquer des investissements pour mettre en place des actions concrètes et de vérifier que les objectifs sont atteints ou de corriger la trajectoire si besoin.

Il y a 4 leviers principaux pour atteindre cet objectif :

  • Renouveler les flottes pour des appareils plus performants : c’est un effort déjà en cours malgré la crise et le premier poste d’investissement d’Air France. Chaque génération d’appareil permet d’émettre 25% de CO2 de moins que la précédente ;
  • Optimiser les opérations au sol et dans les airs (trajectoires en vol, au décollage, atterrissage, circulation sur les aéroports) ;
  • Développer les carburants aéronautiques durables (kérosène de synthèse, dérivé d’huile usagée ou d’algues) et sécuriser leur approvisionnement ;
  • Investir dans l’avion à hydrogène : horizon plus lointain mais rupture technologique majeure permettant l’atteinte de la neutralité carbone.

Ces leviers sont complémentaires car agissant sur différents aspects du transport aérien et surtout non exhaustifs car d’autres points doivent également être mis œuvre comme la construction durable ou la production d’énergies directement sur les plateformes.

Sur Roissy par exemple, une centrale gaz et une centrale biomasse produisent la chaleur pour l’aéroport avec un projet de centrale géothermique pour décarboner davantage. Sur Orly, la centrale géothermique est épaulée par une centrale gaz et l’incinérateur du marché de Rungis.

Quelles sont les attentes du groupe ADP par rapports aux politiques européennes ?

La trajectoire présentée ne peut réussir sans une alliance public-privé et l’enjeu de la préservation de la concurrence sera majeur pour que les efforts de transition ne soient pas pénalisants. Il est important que l’Europe donne aussi de la lisibilité et de la visibilité, notamment sur le sujet des carburants durables dont l’utilisation est aujourd’hui bloquée par manque de production massive sur le continent.

Enfin la question de l’accompagnement par les pouvoirs publics se pose pour permettre de limiter les risques de ces projets et limiter l’impact du coût pour les acteurs.

Du côté opérationnel, le Ciel Unique Européen est un vrai sujet qui pourrait permettre d’obtenir des trajectoires optimales.

Le mot du président

L’aviation ne doit pas devenir un bouc-émissaire. Il a un rôle capital dans le monde d’aujourd’hui et c’est un secteur très dynamique en termes d’innovations et d’initiatives pour la réduction des émissions. Mais tous ces changements nécessitent effectivement du temps et une vision sur le long terme qui est indispensable à la réussite de l’objectif principal : la décarbonation.

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