À compter du 1er janvier 2025, la loi LOM rend obligatoire l’installation de bornes de recharge pour véhicules électriques sur un grand nombre de parkings existants représentant plus de 300 000 places pour véhicules électriques. Les entreprises et services publics comptant au moins 20 places de stationnement devront être équipés de points de recharge, à raison d’un point de recharge toutes les 20 places. Ces nouvelles dispositions impliquent d’élaborer des stratégies qui soient fonction des besoins des utilisateurs et des investissements à prévoir.
Choisir la puissance optimale des bornes de recharge pour les parkings
Pour les véhicules légers, la puissance des points de recharge varie entre 7 et 350 kW: typiquement entre 7 et 22 kW pour les parkings d’entreprise et jusqu’à 350 kW pour les parkings de commerce ou d’aéroport. Plus la puissance est élevée, plus la recharge est rapide. Cependant, d’autres paramètres sont à prendre en compte pour déterminer au mieux la puissance des bornes à installer dans les parkings.
Tout d’abord, le besoin des utilisateurs. Le stationnement de courte durée, soit moins de deux heures, sur parking de com- merce par exemple, incite à l’installation de points de recharge rapide. C’est le choix fait par McDonald’s par exemple, qui a retenu IZIVIA, filiale du groupe EDF, pour s’équiper d’ici 2025 de 2 000 points de recharge ultra-rapide de 150 kW ou plus sur plus de 700 parkings en France. Ces équipements permettront de recharger les véhicules électriques à 80 % de leur autonomie en 20 minutes, le temps d’une restauration rapide. A l’inverse, les stationnements de longue durée, comme les parkings de bureaux, où les véhicules restent souvent stationnés toute la journée, ou encore les espaces de stationnement résidentiel en parking privé ou en voirie, permettent d’opter pour des solutions de recharge plus lente.
Par ailleurs, il est essentiel de prendre en compte la capacité de recharge des véhicules car elle peut être limitative. En effet, la grande majorité des véhicules électriques actuels n’acceptent pas une puissance de recharge supérieure à 100 ou 150 kW et il est probable que cela reste vrai pour les futures gammes de citadines.
Le coût d’investissement entre aussi en ligne de compte car, plus la puissance des bornes est élevée, plus l’investissement est conséquent, allant de quelques milliers d’euros pour une borne de 7 ou 22 kW à 100 000 euros environ pour une borne de 150 kW, en incluant les travaux. Il faut aussi prendre en compte les coûts de raccordement, les réseaux d’acheminement de l’électricité devant être renforcés si la puissance appelée par les bornes dépasse les capacités existantes. D’où l’intérêt, dans certains cas, d’envisager des bornes de petite puissance pour limiter les investissements liés au renforcement des réseaux et éviter de devoir investir dans un poste de transformation.
Les bornes à plusieurs connecteurs sont une solution à étudier pour réduire le nombre d’équipements et les coûts d’investissement. Plusieurs véhicules peuvent se recharger sur une même borne, en partageant la puissance disponible. Ainsi, pour un client qui souhaite équiper deux places de parking avec une charge rapide 50 kW, il peut être plus judicieux et économique d’opter pour une borne 100 kW avec deux points de charge. Si deux véhicules sont branchés simultanément, chacun disposera de 50 kW de puissance ; si un seul véhicule est branché, il pourra disposer de 100 kW et se chargera alors plus rapidement.
Dernier facteur à prendre en considération: les contraintes liées à la sécurité incendie dans les parkings souterrains, notamment dans les établissements recevant du public (ERP) et les immeubles de grande hauteur (IGH). Ces contraintes imposent de ne pas dépasser un certain nombre de points de recharge et de puissance globale (20 points de recharge, 150 kW par compartiment) et de ne pas placer les bornes en dessous du niveau 1, sauf à devoir investir dans des installations de sprinklage et dans des cloisons pare-feu, qui augmentent alors significativement le coût d’investissement.
En tenant compte de ces contraintes, IZIVIA, filiale du groupe EDF, déploie actuellement des bornes de recharge pour Q-Park, un des principaux exploitants de parkings en France.

Améliorer le bilan financier des équipements en pilotant les recharges
Piloter les bornes électriques permet de programmer les recharges au moment où l’électricité est la moins chère et la plus décarbonée. C’est un levier efficace pour améliorer le bilan financier des dispositifs de recharge dans les parkings.
Ce pilotage gagne à être envisagé sur les parkings de longue durée, notamment les stationnements de véhicules de flotte, par exemple les dépôts de poids lourds ou encore les stationnements résidentiels. Dans ces situations, il est possible de programmer la recharge la nuit ou à certains moments de la journée. Ainsi, la RATP optimise le déclenchement de la charge de ses autobus électriques, tout en garantissant leur disponibilité et leur performance d’exploitation. Pour cela, DREEV, co-entreprise créée par EDF et NUVVE, agit sur le pilotage de la charge en fonction des signaux de prix du marché, de façon que le déclenchement de la recharge intervienne au moment où le kWh est le plus compétitif et, très souvent, le moins carboné. Autre exemple : EDF compte, à date, 6 000 bornes de recharge pilotées sur les parkings de ses sites. En pratique, chaque utilisateur régulier est assuré d’un minimum de recharge de son véhicule, qui varie selon son heure de connexion à la borne. En tenant compte des signaux de prix du marché, DREEV calcule alors le moment et la durée de la charge optimale, qu’il communique à IZIVIA qui est l’exploitant de la borne sur les sites EDF. En cas d’urgence, l’utilisateur a toujours la possibilité de déroger au dispositif pour obtenir plus rapidement le maximum de recharge possible. Enfin, pour améliorer encore le bilan financier des dispositifs de recharge, les gestionnaires de parking en surface peuvent opter pour l’installation d’ombrières photovoltaïques dédiées à l’alimentation électrique des bornes : elles permettent d’optimiser le coût des recharges, en les programmant aux moments les plus ensoleillés de la journée, et de respecter les obligations de la loi d’accélération des renouvelables lorsque les parkings ont une surface de plus de 1 500 m2.






