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Les six erreurs à ne pas commettre dans l’isolation des BBC

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Si la France a créé le label « Bâtiment Basse Consommation » en 2007, les germanophones ont expérimenté cette approche économique depuis près de vingt  années avec le label Passivhauss. L’Agence Qualité Construction conduit des études auprès des maîtres d’oeuvre sur le terrain, pour remonter les erreurs à ne plus commettre dans l’isolation.

Lors du dernier salon Batimat, l’AQC publiait un document sur les « désordres » constatés à partir d’environ deux cents enquêtes dans le résidentiel comme le tertiaire. Comme je vous l’avais dit dans un précédent billet, je souhaite vous rapporter une liste des défauts de qualité, dans l’isolation, cités dans ce rapport. Je propose humblement une « check list » pratique pour les particuliers comme pour les professionnels du bâtiment qui doivent s’adapter rapidement à des évolutions sur les matériels, les matériaux, le travail en équipe multidisciplinaire et les normes. Les causes de ces désordres seraient essentiellement économiques, techniques, humaines ou réglementaires.  Pour l’enjeu de l’isolation thermique, j’ai retenu six points clés:

Isolation thermique:

  1. défaillance de pose: planéité de l’isolant ou plaques non jointives provoquent des fissurations. Les fabrications différentes dans la menuiserie provoquent aussi des defauts d’etanchéite;
  2. non respect de prescription des produits. L’assemblage de produits de marques différentes est à proscrire;
  3. mousse de polyuréthanne ne doit pas boucher des trous dans une isolation extérieure en raison de résistance thermique différente. Tout comme la pose du plâtre entre les plaques d’isolant. C’est pourquoi ces plaques doivent être découpées avec la technique du fil chaud et non à la scie manuelle;
  4. les isolants extérieurs des parois enterrées ne sont pas les mêmes que ceux posés en façade
  5. afin d’éviter les ponts thermiques, il faut prévoir un minimum de huit chevilles par m2 en surface courante d’isolant. Il faut préférer les plots d’ancrage direct, les matériaux de synthèse dans le complexe isolant au fixations métalliques.
  6. La pose de panneaux isolants trop épaix de 20 ou 30 cm réduisent la surface intérieure. Il existe des innovations en « super-isolants »: aérogels ou matériaux poreux nano-structurés; les panneaux isolants sous vide et les matériaux à changement de phase (MCP). Les MCP sont des micro-billes de cire de paraffine encapsulées dans des polymères. Quand la température de l’air atteint un niveau jugé critique, la cire fond pour absorber une partie de la chaleur de la pièce. Quand la température baisse, la cire redevient solide en relachant les calories. On économiserait de 10% à 30% de la consommation de chauffage et de climatisation.

Merci d’écrire un commentaire si j’avais oublié un désordre important à éviter. Enfin, on observe aussi par manque d’expérience, le sur-dimensionnement des équipements commandés qui augmente les coûts et dégrade le rendement. Nous verrons les problèmes liés aux équipements dans un prochain article. Avez-vous des questions à ce propos?

 

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18 commentaires

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  1. Christine dit :

    Bonjour,

    Je suis propriétaire depuis avril 2015 d un appartement T2 ,classe au normes BBC(RT 2012),et je rencontre déjà des soucis d isolation thermique et phonique,ayant déjà averti par recommandé la société URBAT de ces cas ,pas de réponse.
    Que doit je faire dans ce cas?
    Vers qui je dois me retourner pour défendre mes droits?
    Car sur papier l appartement est classé en normes A+,conforme en isolation thermique et phonique,et ce n est pas le cas.
    Merci de me répondre.

  2. Bertrand dit :

    Bonjour, les immeubles BBC ne présentent pas plus de risque d’incendie que les autres…

  3. Annick dit :

    Bonsoir,

    Est-ce que sur les immeubles BBC il y a plus de risque du point de vue de l’incendie, par exemple au niveau de sa propagation que dans des constructions classiques?

  4. Claude dit :

    Bonjour,

    Concernant les MCP, il me semble qu’il y a le béton de chanvre qui est un bon isolant en plus. Si on prend que le lambda en compte c’est sure que c’est pas le meilleur système. Mais il a des caractéristiques très intéressantes. C’est un excellent amortisseur d’amplitude de température. T° positive ou négative. grâce entre autre au phénomène de changement de phase du matériaux. Il est assainissant (chaux). C’est un un excellent régulateur hydrique. C’est naturel en plus !!!

  5. Ite dit :

    Pour Matéo, la réponse est assez tardive, mais maintenant tous les bâtiments de grande hauteur isolées par l’extérieur le sont encore en polystyrène expansé. Mais il y a des coupures à chaque plancher en laine de roche pour éviter la propagation du feu. Et même entre les fenêtres de deux étages différents si nécessaires.
    Mais à quand les bâtiments tout en laine de roche ?? A mon avis c’est surtout un problème de tarifs.

  6. Bertrand dit :

    Bonjour Anaïck, nous n’avons pas de professionnels de l’isolation parmi les membres permanents qui viennent à l’association.
    Je ne sais meme pas qui connait les produits agréés en Suisse. Je vous invite à Contacter l’Union des Maisons françaises qui regroupent 53% des permis de construire en France …

  7. SALAUN-GUERY Prenom Anaïck dit :

    Pourrais-je avoir des noms de produits et des noms de fabricants agréés en Suisse et ailleurs sur les isolants incombustibles de type laine de roche Flumrock ou autres technologies ? Le classement 6q3 ne concerne-t-il que les isolants extérieurs ?

    Je ne suis pas technicienne du bâtiment, simplement journaliste en immobilier qui cherche de bonnes sources d’informations fiables sur le bâtiment. Merci d’éclairer ma lanterne…

  8. Matéo dit :

    Bonjour,
    Vous êtes tous d’accord pour dire que cette technique d’ITE se base souvent (en France notamment) sur un isolant en polystyrène? Matériaux combustible et inflammable, classé au mieux C-s3, d2. Bien que celui-ci soit théoriquement « protégé » par une couche extérieure de façade incombustible, comment peut on accepter une telle surface de matériaux inflammables sur des façades d’immeubles?
    Les propagations extrêmement rapide des incendies de façade de la tour Mermoz à Roubaix en 2010 et du foyer sonacotra de Dijon en 2011, ne seraient-elles pas liées de près à cela? Notamment à une mauvaise étanchéité, aux sources d’ignitions extérieures, de ces revêtements isolants? En Suisse par exemple l’isolant est souvent de la laine de roche de type « Flumrock », classée 6q3 (incombustible), comme le prévoit la réglementation il me semble. Si vous avez des éclaircissements à ce sujet. Je vous remercie.

  9. Bertrand dit :

    Nous sommes désolés mais je n’ai pas la réponse la maintenant. Je dois poser la question à nos membres. Je reviens vers vous.

  10. Vic dit :

    Bonjour,
    Comme Mathieu je suis également un étudiant-chercheur sur les matériaux à changement de phase.
    J’effectue des tests de différents MPC à introduire dans des matériaux de construction. J’ai de la difficulté à trouver des vendeurs de Microcapsule de cire. Si vous pouvez me donner des contacts autres que Dupond et Micronal de BASF, merci d’avance.

  11. Les matériaux à changement de phase apportent du confort et des économies d’énergie. En effet, le fait d’apporter un déphasage permet de ne pas avoir des « pics » de température dans le logement (inconfort) que ce soit l’été ou l’hiver. De plus, en hiver, cela stabilise la température est ne provoquent pas de marche/arrêt du système de chauffage (surtout en électrique) donc économies d’énergie. Le manque d’inertie des maisons à ossature bois posent aujourd’hui problème et les MCP pourraient être une piste…
    Une fois encore, comparer des MCP avec une isolation ne rime à rien du tout que ce soit à titre de performance ou de coût… A titre d’exemple, la laine de verre est 4 fois plus isolante que les MCP…ont ne peut donc pas les classer dans les isolants…

  12. Bertrand dit :

    Merci CT pour ces commentaires sur les conseils de Gehard. Mais pensez-vous que les matériaux à changement de phase n’apportent que des économies d’énergie? Ces économies sont-elles supérieures à celles apportées par une très bonne isolation à investissement comparable?

  13. Gehard a raison pour les deux premiers points. Pour ce qui est de l’inertie thermique et du déphasage, ce n’est pas le rôle de l’isolant.
    Cela dépend certes du type d’isolation (intérieure ou extérieure) mais surtout de la nature du mur (lourd type béton/léger type bois), rien à voir avec l’isolant…Sauf si celui-ci est à changement de phase…
    Attention cependant, il y a une certaine confusion dans l’article entre les « super isolants » qui jouent eux vraiment un rôle d’isolants et les matériaux à changement de phase, qui n’isolent pas du tout mais induisent un déphasage.

  14. Bertrand dit :

    Merci Gerhard pour ces précisions sur le polystyrene.

  15. Gerhard dit :

    Bonjour,

    d’abord le polystyrène est a proscrire – pour des multiples raison , 2 parmi les raison :
    1.C’est un hydrophobe !!
    2. il est inflammable !
    3. enerthie thermique plus que moyen.
    4. déphasage zéro
    .
    .
    .
    et partir de la on peut encore compter au moins une dizaine des raisons…

    PAR CONTRE pas cher,voila le seul point positif..

  16. Bertrand dit :

    Mathieu, pardon d’avoir pris un peu trop de temps pour enrichir notre réponse en sollicitant nos membres et notamment Christian Nicolas. Bonne soirée de bonne année…

    Les matériaux à changement de phase sont essentiellement vus aujourd’hui pour des applications thermiques dans le domaine des bâtiments afin de réguler les transferts de chaleur. Des applications apparaissent dans les chauffe-eau solaires et les parois intérieurs des bâtiments. Le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment pourra vraisemblablement vous donner des informations détaillées utiles à vos recherches. Le CSTB délivre déjà des Pass Innovation pour ce genre de produit (exemple Dupont de Nemours).

    Des applications thermiques sont également envisagées dans le domaine du textile dans l’habitacle des automobiles ou pour la création de vêtements techniques, par exemple. Dans les deux cas, il s’agit d’augmenter l’inertie thermique des composants pour réguler des flux de chaleur.
    Ces produits font l’objet de recherches depuis de très nombreuses années, vous trouverez certainement nombre de congrès scientifiques évoquant d’autres pistes pour utiliser cette technique du changement de phase.

  17. Bertrand dit :

    Bonjour Mathieu, je cherche d’autres exemples et reviens vers vous. bon week end.

  18. Mathieu dit :

    Bonjour,

    Je suis étudiant-chercheur et je travaille sur les matériaux à changement de phase (MCPs). Les retombées économiques de ces matériaux sont difficiles à évaluer et la diffusion à grande échelle est encore limitée.

    Pouvez-vous donner des exemples d’applications autres que ceux disponibles sur les sites des constructeurs afin de promouvoir sa diffusion auprès des concepteurs?

    Merci