En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies pour mesurer l'audience de notre site.
FERMER

Performance énergétique dans le tertiaire: les occupants doivent apprendre à maîtriser leur consommation

bureau
Par le |

Le CRÉDOC a récemment présenté son étude sur les performances énergétiques dans le tertiaire qui représente à lui seul plus de 42% de la consommation énergétique totale en France. Celle-ci nous dévoile combien le comportement des occupants des locaux concernés sera un enjeu majeur pour permettre aux entreprises de maîtriser au mieux leur consommation d’énergie.

Une enquête réalisée auprès de 200 établissements

Cette enquête a été menée fin 2009 par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie,  dans le but de mesurer les actions mise en place en faveur de la performance énergétique dans les établissements du secteur tertiaire.

Les résultats nous montrent que près de 30% des entreprises tertiaires ont déjà investi dans les technologies performantes. Les plus développées en terme d’employés, et donc de surface occupée, sont également les plus impliquées pour maîtriser leur consommation énergétique. Afin de réduire leurs dépenses énergétiques et financières, l’enjeu majeur est maintenant l’apprentissage de leurs occupants.

« Le niveau de consommation énergétique visé par le Grenelle de l’environnement est techniquement réalisable, mais les consommations finales observées se révèlent supérieures à ce qu’elles devraient être compte tenu des performances théoriques des nouveaux systèmes. Ce constat nécessite, de la part des pouvoirs publics, une meilleure compréhension des logiques à l’œuvre en matière de consommation d’énergie dans les entreprises, tant pour ce qui est des décisions d’investissement et de travaux, que pour ce qui relève des usages des bâtiments par les salariés. » (Source : Les usages de l’énergie dans les entreprises du secteur tertiaire, une étude ré-exploitant l’enquête de 2009)

L’étude nous fait part de la nécessité de superposer « à l’approche technologique une approche comportementale de la réduction des consommations d’énergie ». Cette approche « comportementale » définirait l’apprentissage indispensable des usagers, afin de parvenir à optimiser les technologies disponibles et mises en place au préalable dans les bâtiments. Les salariés vont devoir s’approprier les technologies performantes installées pour aboutir à une économie d’énergie conséquente.

L’efficacité énergétique : l’alliance de la technologie et du comportement

Ces dernières années, le marché de la performance énergétique à destination des entreprises s’est fortement développé. Le Grenelle de l’environnement prévoyant pour 2020 une réduction de la consommation énergétique de 40% et des émissions de CO2 de 50% pour les parcs tertiaire et résidentiel, a fait de l’économie d’énergie une priorité soutenu par différents labels de performance (HQE, BBC, etc.).

« L’automatisation des usages (à travers les systèmes de thermostat, de détecteurs de présence…) repose en effet sur l’établissement de modes d’utilisation type, qui présupposent de l’utilisateur final qu’il soit un agent « normé » au comportement prévisible. Les différentiels entre les performances attendues et les consommations observées montrent que cette approche « moyenne » des usages de l’énergie est insuffisante. »

D’après le CRÉDOC, les technologies performantes et l’automatisation d’un certain nombre de gestes permettraient d’atteindre les objectifs de performance énergétique, ce qui n’est malheureusement toujours pas le cas dans les locaux concernés.

Les stratégies des entreprises pour la performance énergétique

« La première stratégie est celle des entreprises qui, pour réaliser des économies de charge et/ou «verdir» leur image, s’engagent dans des actions volontaristes portées par la direction. »

Cette stratégie est adoptée par 36% des établissements. Ces entreprises ont déjà investi dans la performance énergétique et sont pour la grande majorité situées dans des bâtiments neufs. Elles sont considérées comme étant « actrices » de leurs consommations d’énergie.

« La seconde est celle des entreprises qui s’en remettent aux gestionnaires d’immeubles. » Elle est adoptée par la grande majorité des établissements tertiaires (64%) avec une implication et une efficacité énergétique relativement faible.

Plus les entreprises utilisent des technologies performantes, moins les salariés sont sollicités (la gestion d’énergie étant souvent automatisée). Cependant, l’étude relève une perception parfois négative des employés face aux dispositifs mis en place.

Pour les entreprises plus « militantes » et moins équipées, il semblerait important que les occupants d’un établissement puissent avoir un référent responsable des consommations d’énergie vers lequel se tourner. Ce système une fois mis en place permettrait à la société d’encourager ses employés à maîtriser leur consommation en leur communiquant par exemple ses résultats en matière de performance énergétique.

Si les entreprises cherchent à faire évoluer leurs locaux, il n’est pas évident pour les salariés de s’approprier toutes les technologies mises en place sans avoir été formés en parallèle aux comportements à suivre, afin d’optimiser les résultats attendus. Nous pouvons voir dans cette enquête les différents dispositifs installés dans les bâtiments et les gestes du quotidien qui devraient être adoptés par ses occupants. Ces petits gestes pourtant complémentaires aux technologies existantes pourraient sembler simples, mais il est nécessaire de ne pas oublier la difficulté de chacun à changer ses habitudes, dans un cadre où la préoccupation principale d’un salarié reste son activité professionnelle. Le souci de performance énergétique doit devenir une préoccupation pour tous, mais pour que cela devienne une réalité, de nombreuses actions de sensibilisation, formation et communication restent à mettre en place au sein même des sociétés pour créer et entretenir une dynamique d’économie d’énergie.

Voici un exemple industriel innovant dans l’actualité. Le spécialiste mondial de la gestion de l’énergie et la filiale de promotion immobilière du groupe Bouygues, leader des promoteurs d’immobilier neuf en France et en Europe sur le marché du logement neuf, allient leurs expériences afin de développer des programmes de « bureaux verts ». Schneider Electric et Bouygues Immobilier ont décidé de s’associer afin de créer une entreprise commune, Aveltys, spécialisée dans la performance énergétique. Bouygues immobilier possèdera 49% de la société et Schneider Electric la majorité avec 51%.

« En créant Aveltys, nous abordons d’une manière inédite et innovante le marché de la garantie de la performance énergétique dans les bâtiments tertiaires, qui représentent près de 15% de la consommation d’énergie finale en France. » déclare Guy Dufraisse, le président de Schneider Electric France.

Ce projet ne dit pas quel sera le programme de sensibilisation des occupants pour que les objectifs théoriques deviennent réalité!

PARTAGER CET ARTICLE

0 commentaire

Avant d'écrire un commentaire, merci de lire notre charte de modération. Votre commentaire sera publié après validation par notre équipe de modération.

Ajouter un commentaire

* Champs obligatoires