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Il faut choisir de réduire le carbone et pas une technologie particulière!

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Le 12 avril dernier, les présidents Serge Lepeltier et Jean Bergougnoux ont eu le plaisir de recevoir Monsieur Brice Lalonde,  ancien ministre de l’environnement et actuel conseiller spécial sur le développement durable auprès du Pacte mondial des Nations Unies pour débattre sur : « Un mix énergétique sans combustibles fossiles à horizon 2050 ? ».

L’accord de Paris signé à New York

Cent soixante quinze pays, qui représentent plus de 93 % des émissions de gaz à effet de serre dont les États-Unis et la Chine, ont signé à New-York l’accord de Paris sur le climat la semaine dernière. C’est la transformation de cette réussite qui compte selon Brice Lalonde, mais qui présente pas mal d’inconnus. Déjà, pour la première fois, les accords nationaux de 175 pays seront opposables selon les règles du commerce international. Les signataires doivent rendre public des programmes nationaux de lutte contre le changement climatique et ils doivent les améliorer tous les cinq ans. C’est à dire que l’empreinte co2 doit diminuer. Mais, l’expérience montre qu’il faut des coalitions entre certains pays pour influencer les autres avec des actions concrètes. Et ce sont les entreprises qui sauront les mener.

Le Forum Economique Mondial indique, dans son Green Invest Report, que les investissements à réaliser pour que l’économie adopte une croissance verte s’élèvent à près de 5 000 milliards de dollars par an dans les prochaines années…

Autant dire, que Brice Lalonde est persuadé que la société civile prendra une part conséquente dans ces investissements pour développer les technologies qui permettront de stocker l’énergie produite aux heures de faibles consommations en pompant de l’eau dans une colonne et de réduire sans cesse la consommation d’énergie, notamment celles qui émettent des gaz à effet de serre. Concernant les énergies renouvelables, l’ancien ministre préfère le solaire ou photovoltaïque à l’éolien où l’on démonte les pâles et le mât en laissant le béton dans le sol! Enfin, le bois en brûlant libère le co2 capturé et met des dizaines d’années à repousser.

Les estimations diffusées expliquent que la demande en énergie serait en augmentation d’un tiers d’ici 2040. Ce sont les émissions de gaz à effet de serre qui doivent être le principal indicateur et le reste doit en dépendre. La multiplication des objectifs est préjudiciable à l’objectif!
L’Etat français doit pour ce faire, libérer les initiatives civiles avec une simplification des réglementations et utiliser la commande publique comme levier de diffusion des technologies performantes sur le plan écologique. Il existe aussi une interface entre l’ONU et les entreprises pour transformer les accords en actions, c’est le « Global Contact ».

Sans jamais se lasser, Brice Lalonde répète qu’il faut bien avoir en tête que le premier véritable ennemi est le charbon car, il est trop abondant et pas cher en Asie et en Australie.
Par ailleurs, la France est aussi le seul pays au monde à produire une électricité aussi décarbonée. Donc, hors de France à ce jour, c’est bien le gaz qui devient l’énergie de la transition dans le reste du monde.

Bien évidemment, l’ancien ministre appelle de ses vœux une tarification du carbone qui incite les entreprises à réaliser ces investissements. Mais il ajoute que les Etats européens doivent se mobiliser en urgence pour définir ces prix incitatifs.

Monsieur Lalonde a enfin précisé que le maillon hydrogène sera indispensable à l’avenir car la nouvelle chimie aura besoin d’hydrogène, comme autrefois elle a eu besoin de carbone.

Biographie Brice Lalonde

Eden

Eden

Né en 1946 à Neuilly-sur-Seine, Brice Lalonde est diplômé d’études de droit à l’Université Paris-Sorbonne et devient rapidement un militant écologiste au sein des Amis de la Terre. Avec le talent d’orateur qui lui est associé, M. Lalonde s’engage dans la politique en 1974, en devenant directeur de campagne du candidat écologiste à l’élection présidentielle René Dumont. Il occupe la fonction de porte-parole des listes Paris Écologie lors des élections municipales de 1977. M. Lalonde se présente comme candidat des écologistes aux élections présidentielles en 1981 et obtient près de 4% des suffrages. Dix ans plus tard, il devient directeur du bureau de Paris de l’Institut pour une politique européenne de l’environnement (IPEE), Think tank soutenu par la Fondation Européenne de la Culture. En mai 1988, il entre au gouvernement de Michel Rocard au poste de Secrétaire d’Etat à l’Environnement (mars 1989-Octobre 1990), puis, Ministre délégué à l’Environnement, aux Risques naturels et Technologiques majeurs (octobre 1990 – mai 1991). En 1991, Édith Cresson le reconduit dans ses fonctions comme Ministre de l’Environnement (mai 1991 – avril 1992). Parallèlement, M. Lalonde fonde en 1990 le mouvement Génération écologie. En 1995, il est élu Maire de Saint-Briac-sur-mer (1995-2008), en Bretagne, puis il est réélu en 2001.
M. Lalonde préside en 2007 la table ronde sur le Développement durable pour l’OCDE. Il est nommé Ambassadeur français chargé des Négociations Internationales sur le Changement climatique la même année. Le Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon le nomme Coordonnateur exécutif de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable. Une fonction qu’il occupe de 2010 à 2013. Enfin, le 15 février 2013, M. Lalonde est nommé à New York Conseiller Spécial sur le Développement durable auprès du Pacte mondial des Nations unies.

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