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Comment le CSTB accompagne la transition énergétique et environnementale dans le bâtiment ?

Par le

Décarboner le bâtiment, premier secteur énergivore de l’économie française, apparaît comme une priorité pour atteindre la neutralité carbone. Le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) à travers ses 5 activités (la recherche et expertise, l’évaluation, la certification, les essais et la diffusion des connaissances) accompagne l’émergence de technologies propres et viables dans le Bâtiment. Nous avons reçu son président, Etienne Crépon, et son directeur Energie-Environnement, Julien Hans, le 12 juin pour échanger sur leurs missions et répondre à nos questions.

(De gauche à droite) Gilles Rogers-Boutbien, Brice Lalonde , Etienne Crépon, Julien Hans et Jean-Pierre Hauet

Etienne Crépon introduit son propos en assurant que « le secteur du bâtiment se saisit pleinement des opportunités du numérique, c’est une véritable révolution qu’il n’avait pas connu depuis des décennies ». Toutefois, même si le bâtiment pèse près de 120 milliards d’euros, équivalent au secteur de l’automobile, son industrialisation est encore très faible alors qu’elle permettrait de réduire les temps de construction, le chantier ne devenant alors qu’un lieu d’assemblage. Le CSTB travaille ainsi avec des partenaires qui développent des solutions pour, par exemple, isoler les bâtiments par l’extérieur grâce à des panneaux assemblés en usine puis poser directement sur les façades, faisant gagner un temps de chantier très conséquent !

L’impact environnemental des bâtiments est aussi un des enjeux majeurs du secteur. Le bâtiment (et la ville par extension) est un système complexe qui, à l’origine, répond à un double besoin : celui de se protéger de l’extérieur et celui d’assurer un niveau de confort et de bien-être. Aujourd’hui les bâtiments continuent de devoir assurer ces deux fonctions mais doivent le faire en minimisant leur impact environnemental. Ce triple enjeu est nécessaire pour une approche résiliente du bâtiment, prête pour le futur.

Le CSTB a donc travaillé sur le bilan environnemental des bâtiments sur l’ensemble du cycle de vie pour mieux en connaitre les impacts. La méthodologie a pris du temps à développer puisqu’il a fallu d’abord réunir des données sur l’impact environnemental des matériaux auprès des différents acteurs. La conclusion de ces travaux est que pour les bâtiments neufs, il y a davantage d’émissions de CO2 durant la phase de construction que durant l’exploitation du bâtiment (sur 50 ans). Pour avoir des bâtiments bas carbone, il faut donc également développer une construction bas carbone.

Lire aussi : Bâtiment : Oui à une prise en compte objective des émissions de CO2

De la RT2012 à la RE2020

Le président du CSTB a d’abord tenu à réaffirmer que le rôle de cette institution est d’éclairer le gouvernement avec des analyses scientifiques et qu’elle n’a en aucun cas un rôle réglementaire. Il rappelle ensuite qu’à l’époque de sa conception, la RT2012 a été pensée selon la seule dimension énergétique mais que c’était un choix politique. Le but était de permettre à la filière du bâtiment de se transformer progressivement en réduisant d’abord les consommations avant de prendre en compte les émissions de gaz à effet de serre avec la RE2020.

Lire aussi : Neutralité carbone : le consommateur et les émissions de CO2 doivent être au cœur de la future réglementation environnementale des bâtiments (RE 2020)

Si, pour Etienne Crépon, la RT2012 est perfectible, elle était toutefois conforme à l’objectif politique fixé par le parlement à l’époque de sa conception et elle a permis de transformer avec succès la façon de concevoir les bâtiments.

Il réfute également toute critique face au côté « boîte noire » que pourrait avoir le moteur de calcul de la RT2012 développé par le CSTB. Il défend ainsi le caractère accessible et non obligatoire du modèle en expliquant l’absence de concurrence à ce niveau par le cout et la complexité de créer un tel moteur de calcul.

Un besoin de globalité pour la rénovation

Face aux critiques sur l’absence du CSTB dans les questions de rénovation, Julien Hans rétorque que toutes les méthodes développées pour le neuf sont applicables en rénovation. Pour lui le vrai sujet est d’une part la question des investissements, qu’il faut arriver à sécuriser, et d’autre part celle de rendre facile les actes de rénovation.

Il y a en effet un besoin de globalité, d’un ensemble qui puisse donner envie, confiance aux propriétaires et vers lesquels ils puissent se tourner. Il affirme que « si les gens ne rénovent pas aujourd’hui, c’est parce qu’ils ne savent pas qui est leur premier interlocuteur qui leur proposera une offre global ».

Le mot du Président

Notre président Brice Lalonde a très vivement remercié les deux invités d’être venus à cet atelier-débat enrichissant notamment au travers des nombreuses questions de la salle. Il a souligné les avancées permises par la RT2012 en terme de réduction des consommations et appuyé le fait qu’il faut désormais s’attaquer à décarboner la construction des bâtiments.

Ce qu’en pense EdEn

Ayant comme raison d’être la volonté de décarboner le Bâtiment, EdEn continue de regretter que la RT 2012 n’ait pas instauré de critère carbone,  faisant ainsi perdre une dizaine d’années à la construction neuve dans la lutte contre le dérèglement climatique.

Néanmoins, maintenant que l’urgence climatique est passée au premier plan, EdEn espère que le CSTB plaidera auprès de ses ministères de tutelle pour que l’ambition carbone soit a minima aussi forte que celle de l’énergie.

Enfin, dans le but de faire cohabiter diminution des consommations et utilisation d’énergie sans CO2, les radiateurs électriques intelligents sont une solution pertinente dans les logements, tout particulièrement pour remplacer les grille-pain qui ont prospéré dans les années 80.

C’est pourquoi, EdEn milite auprès du CSTB, et des pouvoirs publics, pour que l’intelligence, autrement appelée gestion active, soit prise en compte dans les réglementations de la construction et de la rénovation. Les gains apportés par la gestion active[1], représentent, selon les circonstances, entre 20 et 30 % des dépenses de chauffage. Ils apportent des avantages tant aux utilisateurs finaux (baisse des factures énergétiques et  confort accru) qu’à la collectivité par une meilleure gestion de la puissance appelée sur les réseaux.

[1] Pilotage automatique de l’appareil par l’intelligence embarquée en fonction de son environnement (présence de l’utilisateur, fenêtres ouvertes, etc.)

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