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Assises de Nancy #2: les évolutions réglementaires créent-elles des opportunités dans le bâtiment ?

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Lors des assises de l’efficacité énergétique le 2 mars dernier à l’école des Mines de Nancy, trois intervenants alimentent la 1ère table ronde sur : « les évolutions réglementaires et leur impact. Créent-elles des opportunités dans le bâtiment ? »

Christian Louis-Victor intervenait comme président de l’UMF (Union des Maisons Françaises)

M. Louis-Victor introduit son exposé sur le bilan du marché du bâtiment en France actuellement. « Aujourd’hui la maison individuelle constitue 55% des mises en chantier et surtout 75% des surfaces construites. La part de l’industrie dans la construction est de plus en plus basse, notamment dans l’Est de la France. »

M. Louis-Victor précise qu’à  la fin de l’année 2011 environ 20% des maisons construites étaient labellisées « BBC » (Batiment basse consommation). Cependant dans un contexte économique difficile ce pourcentage commence à baisser en ce début d’année 2012 en raison d’un surcoût « BBC » d’environ 10%. Même si les professionnels du bâtiment sont les meilleurs ambassadeurs des maisons efficaces en énergie, les clients préfèrent très souvent augmenter la surface de leur habitation plutôt que d’investir dans les économies énergétiques étant donné que la réglementation BBC n’est pas obligatoire à l’heure actuelle. Cela fait 15 ans que les constructeurs ont lancé des maisons innovantes en répondant à des cahiers des charges très stricts.  D’ailleurs les professionnels travaillent principalement sur l’isolation et la construction de « murs intelligents ». La réglementation devrait augmenter la demande de maisons mieux isolés et donc réduire rapidement les coûts observés. 

L’autre avantage des nouvelles réglementations issues du grenelle de l’environnement est de structurer la demande en encadrant les petites entreprises avec des méthodes et des cahiers des charges plus précis.

Cependant, il faut être vigilant sur la formation des professionnels, comme celle des particuliers. C’est pourquoi, l’UMF propose d’ailleurs des modules de formation pour les présidents d’Universités, comme celles de Marne la Vallée ou de Bordeaux, pour les former au « BBC », car ils estiment que la maitrise de ces nouvelles technologies crée beaucoup d’emplois.

Cécile Roussel, directrice du développement de Batigère Nord Est

Batigère Nord Est gère 170 000 locataires de logements sociaux dans l’Est de la France.

Sur les 19 000 logements sociaux gérés, 60% sont dans les normes exigées par le grenelle. Cécile Roussel voit d’abord des avantages dans ces nouvelles réglementations: réduction des émissions de gaz à effet de serre; immeubles désormais adaptés aux nouvelles technologies; économies sur les charges; individualisation de la consommation qui responsabilise les locataires. Mais Mme. Roussel évoque des problèmes pour convaincre les propriétaires de la nécessite de changer. Pour les locataires, les maisons innovantes exigent la maîtrise de nouveaux réflexes pour optimiser l’isolation et le chauffage. Pour les professionnels, l’entretien des immeubles nécessite du personnel qualifié qui n’est pas encore disponible partout.  Quand on rédige des décrets ’il ne faut jamais oublier le facteur humain.

Brigitte Vu, bureau d’étude Batireco-BBC, membre de l’OPECST

Madame Brigitte Vu a exposé  les difficultés de rendre les différentes normes efficaces, et les coûts induits. J’ai donc attendu la cloture des assises pour lui poser des questions relatives à la mesure des énergies dans les bâtiments basse consommation et aux perspectives de débat autour de la RT2015 et la RT2020. Les réponses sont recueillies dans la brève video ci-dessous que je vous invite à regarder.

Mme. Vu a illustré les premiers avantages de la RT2012 avec des professionnels désormais obligés de travailler en équipe pour assurer une cohérence des installations et réduire les émissions des CO2. Pour la première fois en France, la RT2012 prend en compte le confort en été pour éviter la surchauffe et l’utilisation de climatisation. De nombreux emplois vont être créés pour des professionnels qui vont pratiquer leur métier dans une plus grande transparence. Cependant Brigitte Vu insiste, comme Mme Roussel et M. Louis-Victor avant, sur le manque de formation des professionnels dans le domaine de l’étanchéité et sur le besoin de formation du public pour savoir utiliser les BBC.  Mme. Vu attend que 96% des bâtiments construits soient validés RT2012 alors qu’aujourd’hui le chiffre n’est que de 4%! Le chemin reste long pour convaincre les payeurs…

Ces professionnels sont d’accord sur l’essentiel: les formations. Peut-être un « Steve Jobs du bâtiment » proposera-t-il bientôt des technos que l’on pourra utiliser sans formations? J’en profite pour remercier: Marie, Romain et Clément, étudiants à l’Ecole des Mines de Nancy, qui ont bien aimablement rédigé toutes les synthèses des interventions que nous reprenons en partie sur ces pages d’actualités. Le débat continue si vous le souhaitez dans les commentaires…

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