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Transition numérique sur la rénovation des batiments

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Depuis l’an dernier, la Fabrique Ecologique recherche une manière d’organiser plus de rénovations énergétiques lourdes pour protéger le marché d’une « Ubérisation » de la filière. Il n’y en aurait que cent mille chaque année.

La question mérite largement d’être posée d’autant que le marché de l’amélioration de l’habitat ne décolle pas vraiment depuis plusieurs années – estimé à presque €40 Mds/an –  malgré les aides diverses que l’Etat a mises en place. Il semblerait même que les travaux de rénovation soient plutôt motivés par d’autres priorités que celles des économies d’énergie.

D’autre part, la filière est atomisée, puisque environ 90% des entreprises artisanales de moins de 10 salariés réalisent 90% du chiffre d’affaires. C’est exactement le profil idéal pour introduire une place de marché numérique – sous la forme d’une application à télécharger – qui permettrait de mettre en relation un maitre d’ouvrage avec un artisan local, bien notés. Les prix seraient revus à la baisse avec une réactivité augmentée.

Google sait localiser et qualifier les demandes de rénovation

Le géant Google qui possède l’une des bases de données les mieux renseignées sur les habitants du monde entier a pris possession du fabricant de thermostats intelligents Nest, et pourra ainsi savoir qui se chauffe et comment. Par le croisement de ces données avec les périodes de présence, la météo, la géolocalisation et les données issues de milliers d’autres clients Nest, Google pourrait proposer les diagnostics de performance énergétique les plus pertinents du marché.

Par ailleurs, ce leader mondial développe son projet SunRoof, permettant d’évaluer via Google Earth le potentiel de production photovoltaïque de chaque toiture avec simulations sur différents modes de financements. Ces Big Data vont permettre à Google de personnaliser une offre percutante, intégrant les aides publiques pour des ménages, disponible sur internet.

Maintenant, les sociétés de rénovation peuvent aussi récupérer, avec des entreprises spécialisées, les données de Google Trend qui géolocalisent les recherches des ménages qui saisissent : « changer une chaudière » ou « isoler une maison » dans le moteur de recherche.

RenovationGeolocalisee

Aux Etats-Unis, le milliardaire Elon Musk investit dans la mobilité avec par exemple la prise de Tesla Battery Systemcommandes en quelques jours de plus de 200000 voitures électriques haut de gamme Tesla, avant même de les avoir fabriquées. Musk veut mettre au point aussi un transport en commun, dans un tunnel sous vide, à plus de 700 km/h ou même encore des voyages dans l’espace. L’investisseur américain croit dans les énergies renouvelables avec son entreprise Solarcity et les batteries de Tesla permettront de stocker l’énergie produit dans la journée pour la restituer le soir dans un foyer. Il a nommé cette offre « Powerball » et la commercialise via les réseaux sociaux en France en 2016, pour installer des panneaux solaires et des batteries en leasing dans les maisons.

Son initiative est déjà suivie par le constructeur allemand Mercedes-Benz qui a lancé son premier système de stockage individuel de l’électricité.

D’autres acteurs, mais cette fois-ci français : NetAtmo, spécialisé dans les objets connectés comme les thermostats liés au smartphone, méteo, caméras (dans lequel EDF a investi) et Qivivo (dans lequel Saint-Gobain a investi) dont la mission déclarée est de reprendre le contrôle sur les factures énergétiques des foyers et leur confort, à travers son thermostat connecté, ont bien l’intention de prendre une part de ce marché naissant.

L’enjeu numérique est bien réel avec ces nouveaux acteurs qui veulent dynamiser les commandes des meilleurs artisans et challenger les majors du BTP qui maîtrisent encore les ouvrages publics ou privés de grande taille.

Les filières de la construction doivent devenir force de propositions

Afin de développer les rénovations lourdes, il est nécessaire de financer les innovations qui émergent dans les startup européennes afin de baisser les couts en améliorant  la qualité réelle et perçue de des services et de meilleurs produits, de meilleures installations, un marketing de la rénovation, des garanties de performance énergétique et des solutions financières dédiées.

Mais au delà de cette offre concurrentielle, il est indispensable d’identifier des projets de rénovation. Peu de monde y songe, même durant les nuits d’été. Il faut repérer les bâtiments et contacter les propriétaires tout simplement. Pour cela, il faut inciter ou parfois contraindre les propriétaires à s’y engager. Certaines mesures de la loi Transition Energétique vont dans ce sens (carnet de santé numérique des bâtiments, embarquement des travaux d’efficacité énergétique).  Il est temps que les filières de la construction et du logement organisent elle-même cette massification avant que n’apparaissent cette offre numérique.

Une solution avancée par la Fabrique Ecologique cite en exemple l’approche hollandaise : Energie Sprong. C’est une réponse à tous les freins au développement de rénovations lourdes industrialisées « zéro énergie » en s’appuyant sur 4 piliers :
– la fiabilité (garantie de performance énergétique sur 30 ans) ;
– la rapidité : rénovation achevée en une semaine  ;
– le financement par les économies d’énergies : rénovation lourde rendue finançable par les économies d’énergies, par une baisse drastique des prix des travaux et l’existence d’une garantie de performance ;
– l’esthétique et le confort : un travail spécifique sur ces aspects avec l’objectif de rendre envieux ses voisins.

Ainsi, le gouvernement hollandais a réuni, en 2010, sept bailleurs sociaux et identifié 100 maisons individuelles très semblables. Un dialogue compétitif a alors été lancé avec promesse d’en lancer un second de 1 000 logements si celui-ci était fructueux, puis un autre de 10 000 et de 100 000 en cas de succès répétés. L’offre s’accompagnait d’une solution de tiers-financement parapublic. A travers cette démarche, les entreprises du bâtiment ont montré une grande créativité ; le cahier des charges a été tenu pour un prix de 145 000 € pour le premier lot des 100 maisons, il est tombé à 45 000 € par logement pour le lot des 1 000 maisons. Selon La Fabrique Ecologique, « l’atteinte de ce niveau de prix, qui peut paraître élevé dans l’absolu, est un vrai succès : on touche enfin un modèle remboursable sur 30 ans par un surloyer d’un montant équivalent aux factures énergétiques ». Le niveau de prix atteint va permettre d’envisager cette approche aux particuliers, approche qui par ailleurs est créatrice d’emplois.

Si en France quelques bailleurs et constructeurs ont travaillé ensemble sur des solutions industrialisées, « il s’agit maintenant de s’organiser à beaucoup plus grande échelle, pour industrialiser ces rénovations lourdes à l’échelle du parc de plusieurs bailleurs, à celle des régions, en dépassant les rivalités historiques entre acteurs », conclut La Fabrique Ecologique.

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