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L’édito du président

BERGOUGNOUX

Pour un juste équilibre entre maîtrise des énergies, maîtrise des coûts et protection de l’environnement

Venus d’horizons divers, les membres de l’association « Equilibre des énergies », préoccupés des évolutions récentes du contexte énergétique et des incertitudes qui l’affectent, ont décidé de mener ensemble des travaux approfondis sur l’utilisation rationnelle des énergies dans le bâtiment à usage résidentiel et tertiaire qu’il s’agisse de construction neuve ou de rénovation des bâtiments existants.

Parce que ce sont des praticiens au contact des réalités économiques et sociales sur le terrain, ils considèrent que la maîtrise des énergies doit être d’abord au service des ménages et des professionnels qui utilisent ces bâtiments. Au delà des considérations de commodité et de qualité de vie, ils attachent donc une attention toute particulière aux coûts d’accès à l’énergie : coût d’investissement, charges d’exploitation, facture énergétique.

Parce qu’ils sont convaincus que la maîtrise du changement climatique sera le défi majeur de ce siècle, ils s’inscrivent avec détermination dans la logique du Grenelle de l’environnement qui a fait de la réduction des émissions de gaz à effet de serre son objectif prioritaire. Mais, là encore, parce que les capacités de financement du consommateur ou du contribuable sont fortement limitées, l’optimisation de leur utilisation revêt une importance cruciale.

C’est au regard de ces préoccupations qu’on été évaluées différentes solutions de mise en oeuvre des énergies pour le chauffage et le chauffage de l’eau, à la fois pour la construction neuve de demain (qualité du bâti conforme à la réglementation thermique 2012) et pour des bâtiments conformes à la réglementation thermique 2005.

Les premières conclusions de ces évaluations sont assez claires :

  • L’amélioration de la performance énergétique du bâti imposé à l’ensemble des énergies est une bonne chose. Elle ne soulève pas de difficulté technique puisque ce niveau de performance RT2012 n’est pas très différent de celui exigé pour le label BBC de la RT2005.
    On peut cependant regretter que la question de la ventilation n’ait pas suffisamment progressé.
  • Le diagnostic de performance énergétique, obligatoire lors de la cession d’un bien immobilier, pénalise, ce qui est normal, tous les logements construits selon des normes antérieures moins contraignantes. Mais il pénalise beaucoup plus lourdement, les logements chauffés à l’électricité que des logements similaires chauffés au gaz construits à la même époque. Pourtant ces logements électriques sont mieux isolés, présentent, aux conditions économiques actuelles, un coût d’utilisation (charges d’entretien+ abonnement(s)+ coût de(s) énergie(s)) tout-à-fait comparable, voir inférieur à celui d’un logement chauffé au gaz construit à la même période et, de surcroît, leurs émissions de CO2 sont moindres. Qui pourra convaincre le propriétaire d’un tel logement que cette surpénalisation est juste parce qu’il consomme davantage « d’énergie primaire », concept qui lui est absolument étranger ?
  • S’agissant de construction neuve, il apparaît que ce même critère d’énergie primaire conduit à écarter des solutions énergétiques classiques ou innovantes qui pourraient être moins coûteuses en investissement, moins coûteuses pour l’utilisateur et moins émettrices de CO2.

Telles sont nos premières constatations. Nous les approfondirons et sommes prêts à en discuter ainsi que des remèdes qui pourraient corriger ces distorsions.

Au-delà de ces préoccupations immédiates, nous engageons des réflexions sur la rénovation énergétique des bâtiments ainsi que des travaux prospectifs à horizon 2020 et au-delà sur l’utilisation rationnelle des énergies dans le bâtiment à usages résidentiel et tertiaire.

Jean Bergougnoux,
Président de l’association Equilibre des énergies

Publié le 20/06/2011 | Mis à jour le 27/02/2012