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Normes volontaires : leviers d’innovation et de transition énergétique ?

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3 questions à Catherine Moutet. Responsable AFNOR Energies. Utilisation rationnelle des ressources, économies d’énergie, fiabilité des installations, réduction de l’impact environnemental… Les normes volontaires constituent-elles des leviers d’accompagnement vers la performance énergétique et la transition énergétique ? Sont-elles des freins à l’initiative ou des sources d’innovation ?

Efficacité énergétique, transition énergétique, développement des énergies renouvelables… la réglementation impose de plus en plus aux acteurs économiques de rendre des comptes en matière énergétique et environnementale. Comment l’AFNOR se positionne sur ces questions et les accompagne (norme ISO 50001 sur le système de management de l’énergie ; normes relatives à l’audit énergétique…) ?

Catherine Moutet – AFNOR Energies, créé en 2013, pilote l’offre du Groupe AFNOR sur les questions liées à l’efficacité énergétique, à la transition énergétique et aux énergies renouvelables. Il s’agit d’une offre complète de services dédiée aux entreprises et aux prestataires pour déployer leurs projets d’efficacité en énergie. Nous avons une double mission. D’une part, notre pôle d’expertise est force de propositions et de développement pour les unités du groupe, ce qui se concrétise par un accompagnement et des formations répondant aux exigences des marchés et à leurs évolutions. D’autre part, nous intervenons sur des prestations d’audit énergétique et nous fournissons des services de définition de plan de mesurage, de mise en œuvre de plan d’action, de mesure et vérification de la performance énergétique.
Le Groupe AFNOR dispose d’une offre riche en matière énergétique et se positionne notamment en leader en France sur la certification ISO 50001 relative au système de management de l’énergie. Cette norme reste au cœur de notre portefeuille. Nous en avons une bonne connaissance et publions régulièrement un baromètre du management de l’énergie. L’ISO 50001 a surpris les entreprises à l’origine par son côté technique. Nous avons réalisé un travail important de sensibilisation avec l’appui des pouvoirs publics (DGEC, ADEME) et des entreprises les plus mûres, et désormais la compréhension de la norme n’est plus un barrage. Cette norme a servi à structurer le marché. Il fallait une norme opérationnelle, la norme ISO 50001 s’est imposée comme telle. Elle est dans une phase de révision à l’heure actuelle afin notamment de renforcer les aspects concernant la mesure et la vérification de l’amélioration de la performance énergétique.

La mesure et la vérification de la performance énergétique semble être au centre de vos préoccupations. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Catherine Moutet – La mesure et la vérification de la performance énergétique est la clé de voûte de la transition énergétique. Notre filiale AFNOR Compétences a d’ailleurs obtenu de EVO (Efficiency Valuation Organization) de diffuser le protocole IPMVP (International Protocole on Measurement and Verification of Energy Performance) en France, Suisse et Belgique qui se traduit dans notre offre par la certification CMVP (Mesure et vérification de la performance énergétique) dédiée aux professionnels et aux responsables énergie des entreprises. Le protocole IPMVP est un outil de pointe nous permettant d’accompagner l’efficacité et la transition énergétique. Un de nos ingénieurs est d’ailleurs certifié CMVP depuis quelques mois. Des normes ISO reprennent les concepts du protocole IPMVP et sont également des supports pour certaines formations.
La filiale AFNOR Certification, cette fois, se mobilise pour déployer une offre en matière de vérification de la performance énergétique qui s’adresse aux maîtres d’ouvrages, aux bureaux d’études qui les accompagnent ou aux sociétés qui proposent des solutions d’efficacité énergétique, pour donner une valeur à leur engagement. Notre offre BtoB s’élargit donc, nous jouons dans ce cadre un rôle de tiers de confiance.

Les normes volontaires permettent de s’adapter à la réglementation et constituent un puissant levier d’évolution, de valorisation et de diffusion des meilleures pratiques. Dans un contexte réglementaire toujours plus exigeant, elles ont tendance à se démultiplier. Ne peuvent-elles pas aussi devenir parfois des sortes de carcans, des freins à l’initiative et à l’innovation ?

Catherine Moutet – Les normes volontaires ne se démultiplient pas forcément dans un contexte réglementaire de plus en plus exigeant. Elles apportent les méthodes pour atteindre les objectifs de la réglementation et il ne faut pas oublier qu’elles sont développées à la demande des acteurs du marché. Elles viennent se compléter les unes aux autres, s’imbriquer. La norme ISO 50006 sur les indicateurs de performance énergétique ou encore les normes ISO 50015 ou ISO 17741 sur la mesure et la vérification de cette performance, plus récentes, sont des outils pour mettre en œuvre ou compléter des normes antérieures relatives système de management énergétique ou à l’audit énergétique.
Les normes ne sont pas des carcans mais des outils facilitateurs. Elles ne sont pas non plus un frein à l’initiative et à l’innovation, bien au contraire. Ce sont des idées reçues. Il faut un peu de temps pour maîtriser une norme volontaire et elle se met en œuvre au fil du temps. Elles représentent l’état de l’art et sont des supports efficaces de transfert technologique et managérial. Les normes volontaires sont certes denses mais s’y plonger est au final un gain de temps et la porte ouverte à l’innovation, c’est ce que nous ont remonté des industriels lors de notre dernière enquête sur l’ISO 50001 au plan international.

Lire l’enquête : Retours d’expérience d’organismes certifiés ISO 50001 à travers le monde

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