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Assises de Nancy #3 : quels sont les problèmes de l’énergie et du co2?

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Le 2 mars 2012 à l’école des Mines de Nancy, Emmanuel Blanchet de la société de conseils Carbone 4 intervenait aux Assises régionales de l’efficacité énergétique organisées par l’association équilibre des énergies. Il répondait à la question : « Consommation et performance, quel impact sur les émissions de gaz à effet de serre?

Nous reprenons ici une synthèse de l’exposé d’Emmanuel Blanchet. A l’issue des assises, ce dernier m’a aimablement accordé quelques minutes devant la caméra pour répondre à mes questions dont vous trouverez les réponses dans la fenêtre ci-dessous.
A l’heure actuelle, le bâtiment est au coeur des préoccupations lorsqu’il s’agit de réduire la consommation d’énergie. Mais ce problème de l’énergie est-il réel? Et qu’en est­‐il pour le problème du climat?
Ces problèmes semblent être des problèmes à long terme. Donc est­‐il vraiment nécessaire d’agir maintenant, et comment?
Ce sont autant de questions auxquelles Emmanuel Blanchet a tenté d’apporter une réponse lors de cette intervention, tout en tenant compte du transport des énergies jusqu’à leur lieu d’exploitation.
La consommation énergétique française en 2009 représentait environ 1800TWh. La majeure partie de cette consommation se retrouve dans l’industrie, et également dans le secteur résidentiel et tertiaire, au niveau principalement du chauffage résidentiel. Cette consommation énergétique du secteur résidentiel tertiaire représente 40% de la consommation énergétique finale de la France , 50% des énergies fossiles consommées, 65% de la demande d’électricité, et 65% de la demande gaz.
Si l’on regarde le bâtiment de plus près, on se rend compte que le chauffage pèse pour 80% de la consommation énergétique dans le logement, et 60% dans le secteur tertiaire.
Il serait donc intéressant de concentrer nos efforts sur la réduction des dépenses énergétiques liées au chauffage des bâtiments. Mais la prépondérance du secteur du bâtiment sur notre facture énergétique est transposable au problème d’emissions de CO2; en effet, le bâtiment représente 25% des émissions de CO2 tandis que les transports dont nous entendons aujourd’hui souvent parler représentent 30% de ces émissions.
Le bâtiment est donc un enjeu essentiel dans la maitrise à la fois de la consommation d’énergie, et des émissions de CO2.

Quel est donc le problème avec l’énergie?

La demande d’énergie a décuplé en soixante ans, et aujourd’hui 80% des énergies utilisées sont des énergies fossiles à savoir du charbon, du pétrole et du gaz. Cependant les réserves d’énergies fossiles sont finies et nous constatons que les différentes formes d’énergie connaissent une demande croissante, et augmentent à peu près de la même façon.
De ce fait, en Europe, il ne reste presque plus de pétrole, de charbon ni de gaz. Il faut par conséquent augmenter l’importation, ce qui soulève un certain nombre de questions géopolitiques.
On pourrait penser que l’importance du nucléaire en France, nous donne un peu d’indépendance énergétique, mais le pétrole et le gaz représentent encore 65% de notre consommation.
Nous dépendons donc très fortement des énergies fossiles et des pays qui possèdent de grandes réserves.
Faut-­il alors parier sur les énergies renouvelables? Bien sûr. Mais ce constat est à nuancer. En effet, aujourd’hui les deux seules énergies renouvelables représentant une fraction conséquente de notre consommation énergétique sont la biomasse et l’hydroélectricité.
Nous devons persévérer dans le développement des autres énergies renouvelables telles que le solaire, l’éolien, ou encore le géothermique, mais il faut se rendre compte que jamais ces énergies ne remplaceront le pétrole et le gaz.

Comment expliquer le problème de climat?

L’utilisation d’énergie fossile entraine la libération de CO2 dans l’atmosphère, et actuellement nous en émettons de plus en plus. En considérant qu’une augmentation de température de 2°C serait acceptable, il faudrait diviser par quatre toutes nos consommations des différentes formes d’énergies fossiles. C’est ce que l’on appelle le «facteur4». Il faut bien rappeler que l’effet de serre est un phénomène naturel et qu’il ne s’agit pas de le contrer; il faut simplement regarder quelle part de cet effet de serre est due exclusivement à l’influence humaine. C’est ce qu’on appelle l’empreinte de l’Homme. Or nos émissions de gaz à effet de serre ont augmenté depuis 1930 dans les mêmes proportions que notre consommation énergétique.

Des documents édités par la NASA montrent que la température n’a cessé d’augmenter depuis 1860(date des premiers forages), et que cette augmentation s’accélère de plus en plus.
Par ailleurs, on considère aujourd’hui qu’une personne émet environ 10 tonnes de CO2 par an. Une application du facteur4 reviendrait à abaisser ces émissions à 2,5 tonnes par an.
Comme on le voit sur le schéma ci-­dessus, une telle réduction de nos émissions reviendrait par exemple à réduire nos dépenses en termes de consommation d’énergie dans les logements à 360kg de CO2 par an.
Or un logement performant de 70m² chauffé au gaz consomme déjà le double. On se rend donc compte de la difficulté d’atteindre les résultats voulus. Si l’on s’intéresse aux objectifs fixés par le Grenelle de l’environnement, ceux-ci prévoyaient une réduction de 38% des émissions de CO2 d’ici 2020.
Or nous sommes en augmentation, donc autant dire que nous ne sommes pas bien partis pour tenir ces objectifs. Surtout qu’actuellement, nous faisons de gros progrès de réduction de consommation d’énergie sans tenir compte des émissions de CO2 et dans ce domaine, aucun progrès n’est fait.En ce qui concerne les Batiments basse consommation (BBC) sont une très bonne idée, et ils ont globalement fait leurs preuves, mais si l’on ajoute les dépenses énergétiques et
émissions de CO2 liés au transport des énergies de leur lieu d’extraction à leur lieu d’utilisation, ce n’est pas du tout optimal.

Quel est donc l’avenir du bâtiment?

Le bâtiment a un rôle capital à tenir dans le futur. Les enjeux sont : la sobriété, il y a un véritable enjeu comportemental; l’efficacité, il va falloir miser sur la technologie; la substitution, il faut penser substituer les énergies les unes aux autres en privilégiant celles qui libèrent le moins de CO2. Ainsi, malgré les efforts mis en place dans le secteur du bâtiment, nous voyons très vite les limites arriver.
Quand nous regardons les «coûts énergétiques» d’acheminement des énergies, mais encore celui des déplacements quotidiens, des déplacements en avion, on s’aperçoit que le bâtiment n’est pas le seul secteur sur lequel il va falloir intervenir, car ce serait alors insuffisant.
Dans ce podcast, s’il y a un consensus sur les enjeux de la réduction des émissions de co2, il manque une concertation entre les institutions, les professionnels et les consommateurs pour répondre aux enjeux de la rénovation. Je vous invite à écouter Emmanuel Blanchet ici.

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2 commentaires

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  1. Bertrand dit :

    Bonjour M. YT75, La tribune que vous citez développe surtout le risque de pénurie d’énergie pour nourrir la croissance. La seule proposition que je lis est : « Les limites physiques devraient déclencher une réelle transition de la société vers une diminution majeure de notre dépendance aux ressources non renouvelables, par un changement profond des comportements, de l’organisation du territoire et de notre économie. » Nous avons souvent abordé les enjeux des comportements des consommateurs afin de diminuer leur consommation d’énergies, mais je ne vois pas des alternatives claires pour les lecteurs. Ce collectif souhaite-t-il accélérer le développement des EnR pour se substituer aux énergies fossiles? Quelle organisation du territoire? Changement de notre économie?

  2. yt75 dit :

    A propos d’énergie (plus précisément pétrole dans ce cas) , à signaler une tribune/ »appel aux candidats » publiée jeudi 22 mars sur lemonde.fr.
    Signée par :
    Pierre René Bauquis – Ancien Directeur Stratégie et Planification du groupe Total
    Yves Cochet – Député Européen, ancien Ministre de l’environnement
    Jean-Marc Jancovici – Ingénieur consultant, Président de The Shift Project
    Jean Laherrère – Président ASPO France, ancien patron des techniques d’exploration du groupe Total
    Yves Mathieu – Ancien chef du projet Ressources pétrolières mondiales à l’Institut Français du Pétrole

    Texte de la tribune et possibilité de se joindre à l’appel en ligne ci-dessous :

    Sujet important s’il en est un, ne pas hésiter à signer et relayer !