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L’énergie primaire : Un critère de politique énergétique devenu inapproprié

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Le mode de calcul de la consommation énergétique n’est pas seulement un choix scientifique, il est aussi économique et politique. Le rédacteur en chef de l’EdEnmag et ancien rapporteur général de la Commission de l’énergie du Plan, Jean-Pierre Hauet développe son « point de vue » sur le critère énergie primaire et pose la question de sa validité actuelle.

Il faut savoir que l’énergie primaire n’a pas toujours été le critère de référence pour évaluer la consommation énergétique française. En effet, auparavant c’était la « tec » – tonne d’équivalent charbon – puis la « tep » – tonne d’équivalent pétrole – à partir de 1972 qui étaient utilisées comme base. Toutefois, en 2002, notre pays a décidé de s’aligner sur l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) et a adopté l’énergie primaire comme indicateur majeur de la réglementation énergétique.

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Un indicateur statistique toujours en phase avec l’Accord de Paris ?

Généralement, on juge la pertinence d’un critère selon sa capacité à prendre en compte les grandes évolutions de son secteur. Cependant, à l’heure où l’Accord de Paris a érigé la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et le développement des énergies renouvelables au rang de priorité pour la planète, l’énergie primaire apparaît comme un concept dépassé.

En effet, quelle est la validité d’un indicateur qui entend mesurer l’énergie tirée de la nature à l’heure où on exploite des éléments inépuisables comme le vent ou le soleil ? Comment peut-on défendre un critère qui ne prend pas en compte les émissions de CO2 ? Autant de critiques qui devraient amener une réflexion profonde sur un critère qui semble de toute évidence anachronique.

En savoir plus : Jean Bergougnoux nous éclaire sur les incohérences de la politique énergétique française à travers la RT 2012

Que faire ?

De toute évidence, il faut revoir les textes réglementaires – en particulier ceux liés au Bâtiment – afin d’exclure l’énergie primaire. Afin de le remplacer, Jean-Pierre Hauet propose que l’évaluation de la consommation repose désormais sur deux piliers compatibles avec la défense du climat :

  • Le calcul des émissions de CO2;
  • L’énergie finale nette, c’est-à-dire l’énergie livrée à l’utilisateur, consommée et payée par lui.

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