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La RT2012 : un investissement qui ne réduit pas toujours les factures et le CO²

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Mise à jour d’un article du 13/07/2011. En 2011, lors de la conférence de presse de présentation d’équilibre des énergies, le Comité Scientifique Economique Environnemental et Sociétal (CSES) avait présenté un tableau comparatif des différentes solutions de chauffage. Déjà, Il semblait évident que l’électricité ne devait pas être exclue du mix énergétique. Aujourd’hui, la question se pose toujours, particulièrement au moment où la Réflexion Bâtiment Responsable 2020 (RBR 2020) est toujours en cours.

Dès 2011, notre association émettait des doutes sur la pertinence de la RT 2012, tant pour la sauvegarde de la planète que pour le pouvoir d’achat des particuliers. En effet, notre Comité Scientifique Economique Environnemental et Sociétal (CSEES), composé d’experts des secteurs de l’énergie et du bâtiment et de la mobilité, avait publié un tableau fruit de ses études.

Deux informations principales en ressortaient :

  • Les solutions aux gaz émettaient plus de CO2 que les solutions électriques ;
  • Globalement, les solutions électriques s’avéraient moins couteuses.

Aujourd’hui, EdEn se propose de tirer un bilan sur les conséquences de cette réglementation.

Qu’est-ce que la RT 2012 ?

Revenons rapidement sur ce qu’est la RT 2012.

C’est une réglementation thermique qui est entrée en application en 2013. Cette réglementation fixe une limite maximale à la consommation énergétique des bâtiments neufs pour le chauffage, la ventilation, la climatisation, la production d’eau chaude sanitaire et l’éclairage.

Cette limite est quantifiée en énergie primaire1 : elle est évaluée à 50 kWhep/(m².an). L’objectif affiché étant d’empêcher l’utilisation des solutions énergivores dans les bâtiments qui sont appelés à être utilisés pendant plusieurs décennies.

1 consommation nécessaire à la production de l’énergie finale, elle est exprimée en kWhEP

Une réglementation favorisant des systèmes émetteurs en CO2

Le RT 2012, par son moteur de calcul se basant sur l’énergie primaire a eu l’effet pervers de favoriser le gaz au profit de l’électricité. Cette dernière, bien qu’étant presque essentiellement décarbonée en France, nécessite plus d’énergie primaire que le gaz pour produire la même énergie finale.

Par conséquent, dans le neuf en France, depuis quelques années, le gaz est devenu l’élément dominateur du mix énergétique. Il engendre pourtant des émissions de gaz à effet de serre en grande quantité (56 % des émissions de CO2 dans le chauffage en 2015).

Ce choix de favoriser une énergie « polluante » plutôt que l’électricité, est assez paradoxal si on regarde de plus près les nombreux engagements européens et internationaux pris par le pays pour lutter contre le réchauffement climatique. En effet, tous les engagements de l’hexagone visent à réduire drastiquement émissions de CO2. Pour exemple l’objectif fixé dans la Loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) vise à réduire de 75 % les émissions d’ici 2050, par rapport au niveau de 1990.

En savoir plus : Jean Bergougnoux nous éclaire sur les incohérences de la politique énergétique française à travers la RT 2012

D’importants surcoûts pour les particuliers

Notre association, engagée depuis sa création au service des consommateurs, surveille l’incidence des réglementations sur le porte-monnaie des particuliers.

Nous admettons parfaitement qu’un nouveau cadre réglementaire avec des exigences environnementales élevées a pour incidence de provoquer quelques légers surcoûts, car il est logique que des technologies de pointe soient plus chères que des solutions passées et déjà rentabilisées.

Néanmoins, avec la RT 2012, nous avons constaté que les coûts supplémentaires étaient trop élevés.

La RT a renchéri de 10 à 15 % le prix des logements, ce qui représente une somme bien trop conséquente pour de nombreux ménages. De plus, ces surcoûts créent des « effets pervers » pour l’environnement, l’acheteur n’ayant pas un budget extensible, aura tendance à renier sur d’autres postes de dépense, dont l’isolation pour acquérir son bien. Il pourra donc se retrouver un logement mal isolé, ce diminuera l’intérêt écologique des solutions installées dans le logement.

Plus sur : Une étude démontre le surcoût de la RT 2012

Les préconisations d’EdEn pour la prochaine règlementation thermique où Réflexion Bâtiment Durable 2020 (RBR 2020)

Les différents éléments évoqués amènent à penser que dans l’état des choses, la réglementation thermique en place est imparfaite et nécessite des changements afin d’être en adéquation avec les différents objectifs de la France en matière environnementale.

A cet effet, EdEn préconise plusieurs critères à prendre en compte dans la Réflexion Bâtiment Durable 2020 :

  • Consommation d’énergie finale nette ;
  • Emissions de CO2.

Il est d’une importance capitale pour les pouvoirs publics de prendre en compte la baisse des émissions de gaz à effet de serre. Cette réduction doit être le principal objectif environnemental à court et moyen terme. La Terre ne peut se permettre d’attendre quelques années de plus avant de passer aux solutions qui émettent le moins de CO2.

Par ailleurs, nous souhaitons aussi :

  • La mise en place de moyens de financement adaptés aux objectifs de réduction des émissions de CO2 ;
  • La révision et la simplification de tous les mécanismes incitatifs pour acquérir des solutions propres.

Et ce, afin d’encourager investisseurs, à choisir des solutions respectueuses de l’environnement tout en ne sacrifiant pas leurs capacités financières.

Lire aussi : Transition énergétique : Les recommandations d’EdEn pour une économie décarbonée

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16 commentaires

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  1. Stephane dit :

    Bonjour.
    je viens de passer une année dans ma nouvelle maison RT 2012
    j’en suis à ma 4em maison depuis 2001.
    je peu vous dire maintenant que j’étais plus confortablement instalé dans mes anciennes constructions.
    cette dernière maison m’a coûté un bras et mon frigo,
    en retour aucune économie visible sur mes dépenses énergétique.
    pire encore, nous somme seulement en début juillet,
    Et cette maison monte belle est bien à des températures avoisinent les 30*C
    La nuit à cause de l’inertie dès mur qui chauffe la journée.
    une facture de 14000 € supplémentaire pour un truc qui marche que sur papier.
    avec cette somme investi inutilement, j’aurais pu chauffer et climatiser pendent 8 ans.
    une chose est sûre!
    Investir dans l’immobilier français pour moi c’est fini
    salutation

  2. marco dit :

    Bonjour
    je possede une maison rt 2012,j ai fait la meme maison que j’avais realisée en 2007,a 15kms,je peux vous dire que cela m a couté 35 % de plus,que la facture edf est identique,en calculant les augmentation le gain est de 5-7 % environ avec un surcout de 35 % de budget construction.laissez nous construire comme nous le desirons,la rt2012 a fait plus de mal que de bien,dans tous les secteurs;combien de fermeture d entreprise ?combien de construction en moins en 3 ans?quel retour sur investissement sur l energie et le surcout des divers mode de chauffage etc ?

  3. La Réglementation Thermique 2012 a été élaborée sur les bases de la RT2005 et vise à réduire les consommations d’énergie du parc immobilier français. Que ce soit pour l’écologie ou les générations futures, le but recherché est le bon. Mais pourquoi mettre en place une loi d’une telle complexité alors qu’un peu de bon sens aurait largement suffi ? La méthode de calcul annexé à la loi est composée de plus de 1 300 pages !! des formules à n’en plus finir… cet article porte une critique plutôt juste de ces nouvelles normes de construction : http://www.dessine-moi-une-maison.fr/2014/4547/rt-2012-efficace-critique.html

  4. Article très intéressant, merci beaucoup ! La RT est une question indispensable mais qu’il faut définir et déterminer de manière excessivement « responsable » pour satisfaire toutes les parties.

    Bonne continuation et à bientôt !
    France Aspiration – http://www.france-aspiration.com/

  5. Bertrand dit :

    Merci Dimitri de participer au debat. Mais le comportement des occupants ne peut pas changer grand chose aux émissions de CO2 une fois qu’une chaudière à gaz est installée. Réduction des consommations mais surtout réduction des émissions de CO2, c’etait l’idée des lois Grenelle…

  6. QUALITE DURABLE dit :

    Bonjour,

    Un habitat RT2012 dépend avant tout du comportement des occupants…ont-ils eu un mode d’emploi?

    Utilisation d’un maison / un logement en RT2012,

    Dimitri

  7. Bertrand dit :

    Bonjour Gérard et merci pour votre post. Qu’appelez-vous une chaudière électrique? Il y a des chaudières à fioul qui émettent pas mal de co2 comme le gaz et oblige la France a importer une énergie qui n’existe pas dans notre pays. La chaudière chauffe de l’eau qui circule dans le bâtiment ou l’appartement afin de chauffer des radiateurs à la même température, que la pièce soit occupée ou pas! Sinon, il y a des radiateurs électriques fixés au mur qui sont branchés à une prise électrique individuelle et qui peuvent maintenant voir diminuer automatiquement la température si une fenêtre est ouverte ou si personne ne se trouve dans une pièce.
    Dans le cas d’une rénovation, il vaut mieux passer d’une chaudière à mazout à une chaudière à condensation (gaz ou bi-énergies)) pour profiter du réseau de distribution de l’eau chaude dans le bâtiment. Dans le cas d’une construction neuve, selon la région et l’altitude, les solutions poêles à bois ou panneaux photovoltaïques viennent compléter une source d’énergie continue. Les consommateurs souhaitent une solution au meilleur prix, surtout en période de crise économique, et si possible dans le budget donné avec une amélioration environnementale. Bonne journée

  8. gérard dit :

    bonjour, Avec cette RT 2012, on a beaucoup de contraintes, et même ça tourne au ridicule. Exemple, pour un studio neuf BBC de 25m2, on va avoir une chaudière gaz, avec abonnement gaz (qu’on pourrait éviter) et entretien de la chaudière. Rien que ces deux dépenses vont coûter aussi cher que la conso sinon plus.

    Il faut une énergie renouvelable, donc dans les maisons certains prennent un chauffe eau thermodynamique qui fait un boucan d’enfer, qui n’est pas très rentable. Certains lui font utiliser l’air du garage ce qui transforme cet espace en frigo et refroidit toute la maison.

    Et pendant ce même temps, des gens qui ont acheté une maison récente 4 à 5 ans donc bien isolée, avec une chaudière à mazout d’un bon rendement puisque récente aussi, remplacent cette dernière par …… vous ne devineriez pas…. par une chaudière électrique, oui, oui.

    Mais pourquoi donc me direz-vous ??? ils sont fous ou quoi ???

    Ils ne sont pas fous, mais ils ne sont pas du tout écolos non plus, et se foutent des centrales nuccléaires qui explosent comme de l’an 40. Ils paient simplement le courant 1/9 du prix que le paient la plupart des gens, comme vous et moi.

    Pourquoi n’interdit-on pas la vente des chaudières électriques ???? Je pose la question.

  9. ALAIN dit :

    La RT2012 est une atteinte à la vie vie privée est elle va vers un appauvrissement de l’architecture.
    Une certaine forme de dictature !!!!!!!!!!
    Demain nous vivrons tous dans les mêmes boites à chaussures achetées sur internet.
    Les architectes pourront alors avoir une bibliothèque type ( 1 ou 2 plans pour chaque région).
    La création sera remise en cause ainsi que le mode vie de chacun.

    Les riches auront toujours une maison de 500 m² avec dans leur garage de gros 4*4 ,dans le jardin une piscine chauffée, des chevaux grands consommateur d’eau etc !!!!!!!!!!!!

    Le gardien de ses demeures un abri de 20 m² et un vélo.

    Mais qui sera le plus énergivore ?

    Une inégalité de plus ( Décidément les riches auront toujours les mêmes avantages et les ouvriers toujours le droit de se taire )

  10. Bertrand dit :

    Cher Manu, nous partageons votre raisonnement. Cependant, le consommateur est capable de comparer ce qu’il paye aujourd’hui et moins facilement ce qu’il devra payer demain. De plus, il n’a pas forcément la capacité de s’endetter pour regler la facture de la renovation du bati…et les aides de l’Etat sont incitatives mais ne remboursent pas tout. Alors, aides sélectives ou isolation minimale?

  11. Manu dit :

    Je pense que nous devons commencer de réfléchir différemment. Je suis concepteur de maison passive (15 KW.m2K/an) et c’est plus que possible sans surcoût phénoménal. Il faut réfléchir sur l’enveloppe du bâtiment et non sur le chauffage, la production d’énergie gratuite, …
    Qu’on cherche à capter l’énergie naturelle est très bien et tout à fait légitime mais le problème est traité à l’envers.
    Une maison correctement isolée et étanche à l’air va avoir un besoin de chauffage très faible. Si par chance, cette même maison pouvait être équipée d’un système de ventilation récupérant les calories de l’air vicié (double-flux) alors le besoin final en chauffage deviendrait très faible (dans certains cas inexistant).
    Enfin, je souhaite ajouter encore une chose : Toutes ces normes, labels, … en France et ailleurs ne sont et ne doivent être que des incitations (plus ou moins forcées) pour rendre nos habitations non dépendantes des énergies fossiles. Dans le cas de la rénovation, cela passe inévitablement par des investissements financiers dont on ne perçoit pas immédiatement l’utilité (comme cela a déjà été indiqué dans un précédent message). Pour mieux les comprendre, je pense qu’il faut rapprocher les coûts de la rénovation à ce que l’énergie nous coûtera demain (pétrole qui augmente en permanence, même chose pour le gaz et l’électricité qui actuellement utilise le nucléaire).

  12. Bertrand dit :

    Stefan, vous avez raison, le renouvelable c’est encore mieux tant qu’il n’augmente pas les factures des consommateurs. Ce qui arrivera dans les prochaines décennies. En attendant, la volonté des lois Grenelle était de réduire au plus vite les émissions de co2 or l’interpretation de la RT2012 par les professionnels est majoritairement de favoriser le gaz pour le thermique, ce qui augmente le co2 et diminue l’indépendance énergétique de la France.

  13. Stéfan dit :

    « Parler de « plus propre », c’est parler de moins de co2. »

    Pas exactement. Il y a 2 objectifs non dissociables, qui figurent dans les lois Grenelle et qui sont repris dans la RT.
    Un des 2 critères c’est effectivement la limitation des émissions de GES. Mais il y a aussi le critère « renouvelable » qui est important. Une source qui émet peu/pas de CO2, c’est bien ; une source qui émet peu/pas de CO2 et qui, en plus, est renouvelable, c’est encore mieux !

  14. Bernard dit :

    L’un des moyens pertinents pour démontrer l’anomalie du facteur 2.58 consisterait à réaliser quelques démonstrateurs.
    Le cadre offert par l’AMI ADEME des RESEAUX INTELLIGENTS pourrait etre utilisé par un consortium issu de EDEN.

    On utiliserait soit quelques habitats existants soit des logements neufs témoins dans lesquels seraient installés, en complément de compteurs LINKY ( dont on valoriserait ainsi les performances pour les consommateurs ), des automates qui permettraient de moduler les appels de puissance en déplacant les usages ( Lave Linge, Lave Vaisselle, Chauffe Eau etc.) ou en les différant de quelques minutes ( congélateurs, frigos ) tout en enregistrant les courbes de consommation afin de démontrer que le facteur 2.58 n’est pas approprié.

    En complément, seraient installés des panneaux photovoltaïques avec stockage sur le site de l’électricité produite à des fins de consommation locale, seul le surplus étant revendu.

    Consommation locale = Usages Internes au logement ET RECHARGE VEHICULE HYBRIDE ou TOUT ELECTRIQUE.
    Enfin, on installerait dans les démonstrateurs une ligne de distribution en courant continu qui alimenterait les appareils n’ayant pas besoins de courant alternatif.
    Etc.

    Il y a là un véritable sujet correspondant aux attendus de l’AMI ADEME dont la dead line est Décembre 2011.
    Evidemment, si le sujet intéresse je pourrais aller plus loin dans l’expression de cette idée.

  15. Bertrand dit :

    Merci Vaur de nous rappeler l’existence de cet article qui affiche des prix des pompes à chaleur qui ont bien diminué de plus de 20% depuis 2009. Je reprends l’une des conclusions de l’article pour ceux qui n’ont pas encore cliqué sur votre lien…
    « …Ainsi, l’action souhaitable à long terme est claire : faire baisser les prix à l’installation du solaire et des pompes à chaleur. Sans les aides et subventions, un chauffe-eau au solaire thermique coûte encore autour de 7000 euros. C’est léonin ! Les diverses aides ne faisant qu’accentuer les marges par une insuffisance de concurrence…. »

  16. VAUR dit :

    Un article intéressant a été publié en 2009 sur le site EXPANSION ÉNERGIE et démontre que le cout actualisé des installations de chauffage a l’électricité soit directe soit par eau chaude + chaudière électrique est toujours très compétitif :

    Article à consulter sur :

    http://energie.lexpansion.com/habitat/les-couts-du-chauffage-domestique-recapitulons-_a-39-892.html